« Oui, Norman. Tu es en vie. »
Lex parlait d’une voix calme, qui ne trahissait nullement son impatience. Ça faisait dix minutes qu’il attendait le réveil de son « collaborateur », censé être imminent ; et il détestait attendre. Le monde était en train de changer grâce à lui, et chaque instant perdu ici l’empêchait de prévoir un coup d’avance sur ses adversaires, de son camp ou de l’autre. Il se savait en danger face à Doom mais il avait tenu à être là lors du retour parmi les vivants d’Osborn. Il aimait être sadique, parfois.
« Ne parle pas encore, tes cordes vocales mettent du temps à se remettre. Tout ton corps est en train de cicatriser. Enfin…l’arrière de ton crâne, surtout. »
Un léger sourire apparut sur son visage alors qu’il croisait les yeux verts de son ancien « ami ». Il le détestait, il l’avait toujours détesté. Ça avait été un plaisir de le faire coffrer, et il continuait de jouir de sa situation. Osborn s’était cru le plus grand, le plus fort en abattant Spider Man et Lex était un peu…jaloux d’une telle réussite. Il n’avait pas supporté l’avènement d’un tel adversaire.
Au fond, si Norman n’avait pas été emprisonné lors de l’attaque contre les Architectes, il aurait pu prendre sa place : maître de la Société du Scorpion, trônant au-dessus d’une grande puissance financière et militaire, il était auréolé de gloire dans leur petit monde pour avoir tué « un-des-leurs ». Luthor avait tout fait pour qu’il n’aille pas plus haut et y était parvenu ; depuis, il prenait un malin plaisir à le faire toujours descendre plus bas, comme pour rappeler à tous que le mythe d’Icare pouvait encore avoir des illustrations contemporaines.
Il était le Soleil ; personne n’avait le droit de s’approcher de sa splendeur sans se brûler les ailes.
« Nicholas Fury, un policier de New York radié et pourchassé, t’a tiré dessus. A la base du crâne. Tu aurais dû mourir sur le moment, mais la balle n’a pas été assez puissante pour ça. Les LexCops t’ont ramené et nous avons fait ce que nous avons dû pour te sauver. Mais…nous avons dû aller loin, pour ça. »
Tout le monde lui avait conseillé de le laisser mourir, de profiter de ces moments d’agonie en écoutant sa respiration étouffée et sa volonté de vivre échouer face à la Mort ; mais il avait refusé. Il voulait encore torturer Norman, comme pour se prouver qu’il était le meilleur…qu’il était encore le plus fort alors qu’on remettait en cause son autorité.
« Vois-tu, la médecine classique ne pouvait pas te sauver : les blessures étaient trop avancées. Tu aurais pu survivre, mais dans quel état…nous n’avons pas eu le choix. Nous t’avons injecté de quoi te remettre, mais il y a eu quelques…effets secondaires. Ça peut déranger, mais tu es vivant, Norman. N’est-ce pas le plus important ? »
Luthor posa sur les jambes de Norman un miroir qu’il avait préparé pour l’occasion. Reculant pour jouir de la vision, croisant les bras, il entendit le cri étouffé d’un homme qui se rendait compte qu’il était tombé encore plus bas ; il ne put cacher son sourire.
Il aimait ça. Il aimait prouver qu’il était le maître. Et voir Osborn découvrir son visage au teint différent, verdâtre, était un parfait exemple de sa puissance.
« Nous t’avons injecté du sang de Joe Fixit. Certes, tu as maintenant une peau…un peu verte, mais c’est un petit prix à payer. Tu es vivant, c’est au moins ça. »
Il croisa alors le regard de l’homme qu’il haïssait et afficha clairement son sourire ; il avait encore plus ruiné sa vie en le transformant en monstre, il adorait ça.
« Et puis…prends ça du bon côté : tu faisais déjà rire tout le monde avant, Norman. Tout le monde se moquait du Grand Osborn tombé si bas, croyant encore en ses chances de remonter. Tu amusais tout le monde, vraiment. Maintenant, avec cette pigmentation de peau, les gens riront toujours mais pour une autre raison. On se moquera, mais on se moquera de ton apparence, pas de ce que tu as fait. »
Lex s’avança vers la porte, l’ouvrit et lança un dernier regard vers Norman. Ça lui faisait du bien de parler à cœur ouvert à un ennemi officiel, lui qui devait jongler entre faux discours et mensonges. Ça le libérait de détruire ainsi quelqu’un.
« T’étais déjà un bouffon avant, Norman : personne ne te prenait au sérieux. Maintenant, tu seras juste un peu plus…vert de rage, on va dire. Prends-le du bon côté et prends un peu de repos, nous n’avons plus besoin de toi. Mets-toi un peu au vert ! »
Et il sortit dans une explosion de rire. Luthor n’avait pas un grand sens de l’humour et beaucoup considéreraient même que sa blague était nulle, mais il la trouvait drôle. Et rire, alors qu’il ne dormait plus et marchait à la drogue et aux survitamines, c’était plus qu’une planche de salut pour lui. C’était miraculeux.
John Jones a mal.
Comme toutes les heures depuis qu’il a été incarcéré ici, les sondes mentales créées par Sinestro et Farouk luttent contre ses capacités, brûlant son énergie et son cerveau pour intensifier sa douleur. Il sait qu’avec le temps, il perd ce qu’il est. Son monde n’a jamais cru au principe de l’âme comme les terriens, mais il croit, comme les siens, que le cerveau contient l’être. Que ce petit bout de corps est le réceptacle d’une force incalculable, bien plus forte que tous les muscles et bien plus complexe. Son peuple lui voue un culte et il s’est longtemps exercé pour en connaître tous les fondements, toutes les merveilles.
C’est pour ça qu’il est si bon télépathe : il fait corps avec son cerveau, il en a découvert toutes les facettes. Et peu à peu, les sondes, produits d’un alliage contre nature entre l’énergie jaune et la télépathie vicieuse de Farouk, détruisent ce si bel outil et prennent ses souvenirs. Lentement, il se sent oublier la sensation du vent natal sur son corps, les caresses de sa mère durant son enfance.
Il sait que s’il cédait, s’il se laissait faire, tout prendrait fin et il pourrait conserver ses précieux souvenirs. Dernier survivant d’un monde mort, il est la mémoire vivante d’une culture qui ne survit que par sa présence.
S’il arrêtait la lutte, il pourrait tout sauver et perpétuer sa race. Il pourrait même construire une sorte de mausolée pour perpétuer les mythes et coutumes.
Mais ça voudrait dire abandonner. Ça voudrait dire nier tous les enseignements de son peuple, ses traditions et son honneur.
Qu’importe l’oubli, qu’importe le désespoir de sentir ce qu’il chérit le plus disparaître. Il sait que sous peu, les souvenirs de sa femme terrienne et des premiers pas de sa fille ne seront plus rien pour lui. Ça lui brise le cœur, mais il ne fera rien pour stopper ça ; il n’abandonnera pas.
Il est un Chasseur, il ne fera pas machine arrière. Luthor, Doom et les autres doivent être vaincus pour le bien de cette planète, mais aussi pour la Justice.
Il est le dernier survivant de sa race, exilé sur un monde primitif qu’il ne comprend pas et qu’il n’aime pas. Il est triste, seul, malheureux et désespéré ; mais il n’abandonnera pas. Et même si tout le reste disparaît, ça au moins, cette volonté de fer que partageait toute sa race, ne s’effacera pas.
Jamais.
« John ? »
Jones sent les sondes disparaître. En un instant, la douleur, le désespoir se stoppent, ne semblent plus qu’un mauvais…souvenir. Clignant des yeux après tant de semaines d’obscurité et de tortures, bougeant des membres auparavant emprisonnés, se relevant tout ankylosé et douloureux, il voit devant lui ceux qui l’ont sorti de là. Il n’a pas besoin d’un scan cérébral pour les reconnaître : les corps sans vie des gardes au sol suffisent.
Un sourire s’affiche sur son visage, chose qui n’était plus arrivée depuis des mois. C’est bon de voir des visages alliés.
« Charles, Hal. Contents de vous voir.
- Je me doute. Prêt pour sortir ?
- Ça va être difficile…
- Je m’occupe du transport. »
Jordan fait apparaître un fauteuil d’émeraude, dans lequel se glisse John. Xavier pousse la lourde machine futuriste inventée par la psyché du Green Lantern, lévitant devant eux. Charles est vêtu d’un pantalon noir avec une chemise blanche et une veste sombre italiennes ; l’élégance même, teintée d’arrogance et de suffisance de venir le libérer ainsi. Comme toujours, il est égal à lui-même.
Hal, quant à lui, ne porte plus son t-shirt vert. Il a simplement une combinaison sombre, se trouvant facilement dans les surplus de l’armée. Plus d’originalité, plus de folie en lui ; son expression comme son regard trahissent les remords et les tourments. Encore une fois, pas besoin d’un scan pour savoir qu’il a changé…beaucoup mûri. Il n’est plus le chien fou lancé à la suite de Sinestro, ni l’idéaliste fondant le Corps en croyant être le plus fort ; c’est un homme conscient de ses fautes et préférant les assumer plutôt que de les fuir.
Jones ne sait pas si Xavier le manipule ou s’il l’a simplement aidé, mais c’est du bon travail. Il n’aurait pas fait mieux.
« Nous avons de la visite. »
Charles fait un signe à Jordan alors que John ne sent rien, sa télépathie sûrement usée par la lutte incessante et ses contacts avec l’extérieur. Se laissant protéger d’un halo verdâtre par Hal, il tente de savoir qui vient à leur rencontre et le regrette aussitôt. Rien que d’approcher de la psyché d’un tel être le révulse et lui donne des envies de meurtre. Dans ces moments-là, il ne se contrôle plus – et Xavier le sait. Il pose sa main sur son épaule, rassurante. Ça ne fonctionne pas.
« Nous nous en occupons, John. Ce n’est pas ton combat. »
Devant eux, Sinestro apparaît, serein comme à son habitude. A ses côtés, une vieille connaissance les fixe avec son seul œil valide, visant la tête de Xavier avec sa flèche ; Connor a changé de camp, la propagande télépathique de Farouk a apparemment fonctionné. Autour d’eux, quelques prêtres de Sinestro apparaissent, prêts à combattre quand leur maître l’aura décidé.
Mais il n’en fera rien. Le Monstre veut s’occuper d’eux seul, avec éventuellement l’apport de Connor. Il est trop imbu de sa personne, trop confiant en ses capacités pour songer que deux télépathes, dont un infirme, et un Green Lantern démotivé puissent le vaincre.
Il pense que Hal va lui foncer dessus et qu’il pourra à loisir le tuer ; Jones sent même sa joie d’avoir retrouvé son pire ennemi pour lui asséner le coup final, se venger enfin de l’existence à laquelle il est condamné. Il se trompe. Jordan ne va pas charger sans réfléchir. Et ce n’est pas lui son pire ennemi aujourd’hui.
John se relève, forçant la création d’émeraude, et serre les poings. Enfin, il lui fait face. Enfin, il va pouvoir combattre le Monstre qui a tué sa fille, sa petite Emy.
La pièce se finit, l’heure est à acte final et à sa folie vengeresse.
L’heure est au sang versé.
« Monsieur le Président ?
- Lex ? C’est vous ?
- Oui.
- Bonjour, mon ami. Vous avez de la chance de m’avoir, je vais prononcer mon discours.
- Je sais, c’est pour ça que je vous appelle, Monsieur le Président. Je voulais vous remercier de nous faire confiance…de me faire confiance.
- C’est naturel, Lex. Le pays traverse une crise majeure et personne ne sait vraiment où nous allons. Je…je sais que je ne devrais pas dire ça, mais vous êtes un peu notre dernier espoir, Lex. Aucun de mes conseillers ne pouvait imaginer que ça tournerait ainsi, et même Papa ne sait pas vraiment quoi faire.
- Je sais. Disons juste que mon programme est arrivé au bon moment chez les bonnes personnes.
- Bon moment, bonnes personnes…oui, oui, c’est ça. Vous avez raison, Lex. Comme toujours.
- Je ne suis qu’un homme, Monsieur le Président. Un simple Américain faisant son devoir.
- S’il y en avait plus, nous ne serions pas dans une telle situation ! Et si j’avais fait mon propre devoir avant…si j’avais fait enfermer ces…
- Vous ne saviez pas, Monsieur le Président. Vous ne pouviez pas prendre de décision. Vous avez bien fait de révéler l’existence des mutants.
- Mouais…j’aurais plutôt dû les faire interner ou ficher. Je n’aime pas les mutants, Lex. Je n’aime pas non plus ces dingues en costumes. Mais avant tout, je veux le bien des Américains, des vrais Américains : je veux qu’ils se sentent en sécurité. Révéler leur existence, ça a conduit à beaucoup de dangers pour eux.
- Oui, mais ça leur a permis de savoir la menace qui pesait sur eux. Vous avez fait ce qui était juste.
- Je…oui. J’ai fait ce que tout Président aurait fait.
- Exact. Vous avez parfaitement agi, Monsieur le Président.
- Je sais, je sais. Je suis un bon Président, en tout cas celui qu’il faut à l’Amérique en temps de crise. Je vais vous aider à sauver le pays, mon p’tit gars. Je vais encore faire ce qui est juste. Je sais que les gens garderont de moi une image de Commandant en Chef actif, mais…c’est pour le Bien de l’Amérique. Vous me comprenez, vous êtes comme moi.
- Parfaitement, Monsieur le Président. Je ne veux que le Bien des Etats-Unis, c’est pour ça que je mets à votre service les LexCops.
- Vos troupes s’entraînent pour stopper ces fous, Lex, mais c’est vous l’âme de tout ça. Je vais annoncer que je transfère la sécurité nationale à l’armée en décrétant une nouvelle étape de la loi martiale, et je vais vous nommer avec vos LexCops en Force de Sécurité Exceptionnelle. Cette FSE aura tout pouvoir pour diriger l’armée et la police, en plus de la Sécurité Nationale. Vous avez déjà officieusement ces pouvoirs, ce sera donc une reconnaissance définitive et officielle de vos prérogatives nationales et internationales.
- Je…je serai en charge de la sécurité du pays, Monsieur le Président ? Dans et hors nos frontières ?
- Exactement, Lex. Vous êtes le bras armé de l’Amérique, sans aucune limite. Vous serez chapeauté par mon propre bureau et vous n’aurez de comptes à rendre qu’à moi. Trop longtemps, la sécurité intérieure a été laissée à des incapables : ça fait longtemps que ces fous auraient dû être stoppés. Nous ne sommes pas à la hauteur pour une telle menace et nous adapter prendrait trop de temps. Je…je n’ai pas le choix, fiston. Je dois tout vous mettre sur les épaules. Je sais que c’est beaucoup, mais c’est pour le Bien de l’Amérique. Pour que la bannière étoilée continue de flotter demain dans toutes nos villes et campagnes.
- Oui, Monsieur le Président. Je comprends. J’accepte.
- Je sais, fiston. Je sais. C’est dur, je n’ai pas le choix mais je suis sûr que tout ira bien. Le monde nous regarde et saura ce que vaut un vrai Américain…quelqu’un prêt à se sacrifier pour protéger les siens. Le monde nous regarde et saura qui a le cran de bien faire les choses. Je suis fier de vous, Lex. Je suis fier d’être Américain grâce à vous.
- Moi…aussi, Monsieur le Président. Moi aussi.
- Je vous laisse, Lex, je vous vois après dans le Bureau Ovale pour finaliser tout ça. Ayez confiance : vous pouvez le faire, vous en avez les capacités. Vous êtes Américain, vous ferez ce que nous faisons toujours : vous sauverez le monde un sourire aux lèvres.
- Oui, Monsieur.
- A tout à l’heure. »
Et alors que George W. Bush raccrochait et s’avançait vers la tribune de la conférence de presse, à quelques kilomètres de là, un rire nerveux s’échappa de la gorge de Lex Luthor.
Il avait REUSSI.
Il avait vraiment GAGNE.
Devant lui, la télévision débite le discours entendu de Lex Luthor, qui accepte son poste à la tête de la FSE, jure de protéger le pays, etc. T’Challa l’éteint d’un geste rageur ; il ne peut pas en entendre plus.
Seul dans son quartier général, volontairement replié sur lui-même, il fait face à son masque, celui représentant sa fonction, son âme. Il est la Panthère Noire, il est le protecteur d’Harlem et RIEN D’AUTRE. Il n’a pas le droit, pour ce quartier, pour ces gens, pour son héritage, d’être autre chose. Les Etats-Unis peuvent tomber, New York brûler, personne ne touchera à Harlem. Il est prêt à tous les arrangements pour ça, et il sait que Luthor les acceptera ; il ne veut pas se le mettre à dos.
Oui, Harlem sera sauvée et les siens ne craindront rien. Il est à l’abri ici, il fait ce qu’il a à faire : s’il ne se mêle pas de l’extérieur, l’extérieur ne viendra pas à lui.
Son père lui a appris à faire ça, et il était plus sage que lui. Il doit respecter ses décisions, ses choix…et c’est ce qu’il fera. Alors pourquoi n’arrive-t-il plus à être fier de porter ce masque ?
En ce moment-même, Fury a envoyé un Steelman à peine remis aider Xavier à sortir Jones de sa prison, alors que Tim Hunter et Donna Troy sont restés ici avec lui pour préparer la défense de New York. Tous savent que Luthor va vouloir frapper un grand coup en attaquant la Grosse Pomme, et sûrement Washington. Il est conscient que ces résistances sont vaines et que les clones-Madrox vont écraser toutes les forces réunies dans cet assaut final.
Toute résistance est vaine, en fait. Lex et les siens ont vaincu, gagnant par la manipulation, la politique et la force. Les jeux sont faits.
Mais ils vont quand même se battre, pense-t-il. Ils vont quand même essayer, ils vont quand même se lever pour fixer leurs ennemis en face et s’avancer pour combattre pour la liberté, la justice et le reste. Longtemps, T’Challa n’a pas cru en tout ça, suivant les règles de ses ancêtres sur la force de caractère et la volonté de survivre uniquement en communauté.
Toutes ces années, ça a fonctionné et ça peut encore les protéger s’il ne fait rien…s’il protège les siens, s’il protège Harlem. Mais…il est troublé. Quand il pense aux siens, il voit ses frères de couleur, mais aussi…les autres. Steelman. Hunter. Daredevil. Troy. Jones. Jordan. Surtout Spider Man. Ceux qui se battent ou se sont battus pour des concepts nobles les dépassant bien au-delà de toute considération morale ou ethnique.
Il sait que le jeune Art, l’Atlante, est crucifié en ce moment-même à Washington pour montrer la puissance de Luthor et faire croire au monde que c’est un acte des « justiciers » pour se venger. Le monde va tomber dans le panneau et déverser sa haine sur ceux qui viendront sauver Art ; mais ils viendront quand même et tenteront de stopper Luthor. Même si c’est perdu d’avance.
Pendant des années, ses ancêtres se sont battus pour faire tomber les divisions ethniques, se sont battus pour que les différences entre hommes ne soient plus basées sur la couleur mais sur la valeur de chacun. Ils se sont enfermés dans Harlem pour se protéger mais ce…rêve demeure.
« Je fais le rêve qu'un jour, cette nation se lève et vive sous le véritable sens de son credo : “Nous considérons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes ont été créés égaux” », disait un pasteur noir dans une Amérique aussi perdue que maintenant.
Aujourd’hui, lui, descendant de tels principes, ultime protecteur de son peuple, se demande ce qu’il reste d’un tel combat. Qui est vraiment son peuple.
Et ce qu’il doit faire pour remettre ce masque avec dignité.