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 Episode 5/12

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La Rédac'
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MessageSujet: Episode 5/12   Dim 7 Déc - 17:16

Chapitre V.

« Ce mec est un dingue. Y a rien d’autre à dire, ce mec est un dingue.
- Tu voulais sans doute dire par là, un rusé personnage capable de nous foutre dans la merde jusqu’au cou, je suppose.
- Oui, c’est à peu près ça, Paul. Mais c’est quand même un dingue.
- Ca n’est pas faux.
- Euh, les gars ?
- Oui ?
- Quoi ?
- Il va se charger de nous, c’est bien ça qu’il a dis, non ?
- Écoute, Arthur. T’es vraiment un gentil garçon. Mais t’es… comment dire… tu es un peu… con.
- Simon veut en fait te signaler par son habituel franc parler que ce ridicule aventurier masqué ne ferait sans aucun doute pas le poids face aux redoutables gangsters que nous sommes. J’ai bien traduit là ta pensée ? Je n’en ai pas trahi les obscurités subliminales que par modestie, tu masquais ?
- Non, non. C’est à peu près ça. Mais tu es quand même un peu con, Bob.
- Eh, vous trois ! Fermez-la un peu. »

Paul, Simon et Arthur se retournèrent. Le lieutenant de Leonid Kovar, un géant cosaque de deux-cent kilos encastré dans un costar noir, à la pilosité proportionnellement aussi élevée que celle d’un ours brun d’âge moyen vivant en captivité, les fixait de son regard noir. Baran avait des muscles fort développés et un gabarit surdimensionné. Il n’était pas très intelligent mais possédait une force peu commune, ce qui était assez intéressant étant donné son emploi de garde du corps. Derrière lui apparu une jeune femme brune en chemisette blanche et en jupe. Paul eut un sourire hypocrite.

« Oh, Baran. Et la somptueuse Selinda.
- Arrête ton baratin, Gizmo. Tu n’es qu’un pauvre camé totalement lâche. Je ne sais même pas comment monsieur Kovar a fais pour vouloir de toi.
- peut être, cocotte, pour la magnifique symbiose entre mon diencéphale et mon télencéphale, ô combien plus développés, plus sophistiqués que la moyenne mondiale. Ou peut être pour mon sens de l’humour surprenant et diablement incisif… A vrai dire, je ne me suis jamais posé la question… »

Paul se gratta le menton. A ses côtés, Simon observait la scène, amusé. Gizmo était le seul non-mutant dans cette pièce et il était d’une arrogance franchement assourdissante.

« Allons, allons. Calmons-nous. Monsieur Kovar ne nous paye pas pour qu’on s’engueule mais bien pour qu’on assure sa sécurité. Et cet Vigilante de mes deux fait parti des individus à neutraliser.
- Simon, ta clairvoyance est touchante. »

Gizmo approuva les dires d’un hochement de tête vexé. Arthur sembla alors ce réveiller. Le jeune homme était déficient mental mais possédait un pouvoir extraordinairement puissant dont tous ici ignorait tout. Quelque chose en rapport avec le soleil ou un machin comme ça. Lentement, il murmura :

« On pourra le manger après l’avoir tué ? »

Cette remarque pleine de bonne volonté jeta un froid dans la pièce. Simon toussota, Paul « Gizmo » fixa le logo jaune de son T-shirt, les mains dans son panta-court, Selinda et Baran se regardèrent. Ce fut Gizmo qui répliqua :

« Euh, Arthur. Tu sais bien que on ne mange pas les gens. Euh… ce n’est pas socialement constructif de dévorer ses voisins… même ses ennemis.
- Ah. »

Arthur n’avait sans doute rien compris mais peu importait. Du moment que sa puissance leur servait. Selinda reprit :

« Quoiqu’il en soit, nous avons pour mission d’éliminer le Vigilante. Et c’est ce que nous allons faire. Est-ce clair ? »

Tous acquiescèrent silencieusement. Les jours du Vigilante étaient comptés.

*

Marcia King passa une main dans sa chevelure rousse puis sonna à la porte. Elle avait mis au moins un quart d’heure à monter jusqu’au dernier étage de l’immeuble, l’ascenseur étant en panne depuis des lustres. A croire que ces pannes d’ascenseur étaient une généralité bien californienne. Ou peut être une malédiction qu’on avait lancé à la jeune journaliste après un reportage un peu trop incisif envers quelqu’un. Trinidad Santiago ? Il allait bientôt paraître devant le juge et serait sans doute condamné à la prison à vie pour des chefs d’accusation qui n’en finissaient pas. Le Vigilante, ce nouveau justicier, qui avait cassé les suspicions de son journal quant à l’identité du serial killer ? Peut-être était-ce cet homme, après tout, le violeur et tueur de deux femmes, une trisomique et une lesbienne. En tout cas, Marcia le détestait dors et déjà pour le fait d’avoir relégué son scoop au second plan.

Aussi avait-elle décidé d’enquêter elle-même sur les viols et meurtres qui avaient fais frémir l’opinion publique. Elle retrouverait ce salaud qui l’avait rendu célèbre et lui donnerait un nom et un visage, dévoilé au reste de l’humanité. Ne disposant d’aucun talent d’enquêtrice, Marcia avait immédiatement pensé à louer les services d’un détective privé. Mais la menace de mort qui pesait toujours sur elle avait été suffisante pour éliminer les meilleurs des limiers, tout autant que les moins bons. Finalement, ce fut en amadouant un responsable des archives de la police qu’elle avait découvert un nom et une gueule. Un flic avec un casier aussi long que le bras. Insubordinations. Violation du règlement à vingt-deux reprises. Tabassage d’un suspect. Etcetera. Etcetera. Un vrai démon dans le camp de anges. Marcia ne fut pas surprise de découvrir que l’homme avait été viré un mois auparavant. Se disant qu’elle n’avait rien à perdre, elle s’était décidée à rendre une petite visite à ce fameux Adrian Chase. Une vraie légende dans le service.

Et maintenant, elle attendait sur le pallier de sa porte, espérant qu’il lui ouvrirait et ayant pour seuls moyens de persuasion son charme et une mallette remplis de dollars. Mais aucune réponse ne venait.

« Il s’est enfermé. »

Marcia se retourna. Une petite vieille la regardait avec un sourire bienveillant.

« Qui êtes-vous ?
- Oh moi ? Je suis la concierge de l’immeuble.
- Vous connaissez Adrian Chase ?
- C’est mon locataire depuis trois ans. Il paye son loyer et est toujours de mauvaise humeur. Mais c’est un gentil garçon.
- Si il est si gentil que ça, pourquoi n’ouvre-t-il à personne ?
- Il a été licencié de son travail.
- Je suis au courant. C’est vrai que c’est dur mais, ce n’est pas une raison pour s’enfermer chez soi, non ?
- Ce n’est pas tout, mademoiselle. On lui a tiré une balle dans la tête. »

Marcia regarda la concierge, hébété.

« On lui a quoi ?
- Tiré dans la tête. Il est resté à l’hôpital pendant une semaine. Depuis il n’ouvre et ne dit rien à personne.
- Vous comptez raconter ma vie à tout le monde, madame Fergusson ? »

Une voix d’outre-tombe s’était élevée. elle provenait de l’appartement de Chase. Il les écoutait.

« Oh, monsieur Chase ! Cela fait longtemps que je n’ai pas entendu le son de votre voix. Une jeune et très jolie femme veut vous parler. »

Madame Fergusson fit un clin d’œil à Marcia et la poussa gentiment vers la porte.

« … Qu’est-ce qu’elle veut ?
- Je veux vous parler. C’est tout. 
- Parler de quoi ?
- De… meurtres. 
- Adressez-vous à quelqu’un d’autre. Je suis plus flic. 
- Je vous en prie. Vous êtes le seul à pouvoir m’aider. Le seul. »

Aucune réponse. Ce Chase ne voulait plus lui parler ? Et bien elle resterait devant chez lui jusqu’à ce qu’il lui ouvre, foi de galloise. Elle s’assise en face de la porte, le regard fixé sur la poignée. Il ne gagnerait pas au jeu de la patience avec elle.

18h30. Toujours rien.

19h. Encore rien.

20h. Un gosse passa devant Marcia.

21h. Rien.

22h. Les bruits dans l’immeuble s’estompèrent.

23h. Le couple d’hispaniques un étage au dessus clorent leur dispute.

Minuit. Marcia s’endormit.

10h. Marcia se réveilla.

11h. Marcia descendit pour aller se cherche un croissant.

12h. Rien.

13h. Madame Fergusson lui apporta un casse-croûte qu’elle avait préparé elle-même.

14h. Marcia s’alluma une cigarette.

15h. Marcia s’en alluma une autre.

16h. Marcia entama la relecture du dossier de Maria Brown.

17h. Marcia alluma une sixième cigarette et tira une bouffée.

18h. Marcia bavarda avec madame Fergusson.

19h. Marcia dîna chez la concierge.

20h. Marcia avait terminé son paquet de clopes.

21h. Marcia s’endormit.

« Vous comptez rester là longtemps ? »

La voix tira Marcia de son sommeil. Elle se frotta la tête. Combien temps avait-elle dormi ? Reprenant ses esprits, elle répliqua avec vigueur :

« Jusqu’à ce que vous m’ouvriez, tête de mule ! 
- Bon courage. 
- Je vous en supplie, attendez ! Laissez-moi une chance. Accordez-moi cinq minutes. Cinq.
- Trois. »

Le déclic du verrou se fit entendre et la porte s’ouvrit. Sautant sur ses talons, Marcia s’engouffra dans l’appartement de l’ancien policier. Il y régnait une obscurité totale et une odeur de moisi errait dans l’air et agaçait les narines. Chase restait dans l’ombre et elle ne put voir que le rougeoiement de la cigarette qui se consumait entre ses lèvres.

« Vous n’avez pas l’électricité ? »

Chase ne répondit pas. Charmant accueil. Soudain, une lampe torche s’alluma et la lumière explosa dans ses yeux.

« Mademoiselle la journaliste de mes deux, je ne veux pas de votre fric ni même de vos fesses. »

Marcia sentit une main se saisir de la mallette contenant cinquante-mille dollars qu‘elle tenait. Chase se dirigea ensuite vers la fenêtre du salon et l’ouvrit.

« Qu’est-ce que vous faîtes ? »

Mais Marcia eut à peine le loisir de terminer sa phrase que Chase venait de jeter cinquante-mille dollars en petite coupure par la fenêtre.

« Mais vous êtes cinglé ! »

Elle se jeta sur lui mais s’arrêta nette en voyant son visage. Il était mal rasé, terriblement amaigri et ses yeux bleus fixaient le néant absolu. Il était totalement défoncé ! Marcia se saisit de la lampe torche et éclaira le canapé sur lequel étaient jonchés des bouteilles de rhum et de vodka. Posé sur une table, une boîte vide de médicaments.

« Seigneur… »

Marcia attrapa l’ancien inspecteur de police par le bras et le traîna jusqu’à l’extérieur. Il ne comprenait même pas ce qui se passait. Pauvre homme. A la vue de son locataire, madame Fergusson accourut pour aider la journaliste. Puis ils descendirent tout trois jusqu’au rez-de-chaussée. Enfin, Marcia réussit à le porter jusqu’à sa voiture. Il avait besoin de retrouver tout ses moyens, et vite.

*

Adrian immergea d’un sommeil sans rêve. Les yeux encore embrumés et les muscles lourds, il s’étira en baillant. Deux questions lui vinrent alors en tête : Combien de temps avait-il dormi et surtout, où était-il ? Il était nu, allongé dans un lit aux draps blancs et propres. La chambre était belle et coquette, avec des murs nus aux couleurs légères et douces. Sur l’étagère en face de lui, des bouquins d’auteurs célèbres. Adrian se leva pour consulter cette bibliothèque : Tourgueniev côtoyait Philip K. Dick et Chrétien de Troyes. Il saisit un exemplaire poussiéreux coincé entre Le Signe des quatre de Conan Doyle et le corbeau et autres poèmes, d’Edgar Allan Poe. Une édition de 1920 du Dynamo de Eugene O’neil. Une reliure en cuir et des pages jaunies, le tout devant valoir une fortune.

« Il vous plaît ? »

Adrian découvrit une rouquine en jean qui l’observait avec un œil amusé. Prenant conscience de sa nudité, il attrapa les draps et les noua autour de sa taille en se raclant la gorge. Elle continuait à le regarder avec ce mélange détonnant de désir et d’obsession. Drôle de fille. Il se souvint d’elle, restée à sa porte pendant des lustres : un jour, deux, peut être plus. Adrian avait été dans un état second pendant pas mal de temps, une durée qu pouvait même pas fixé. Condamné à sombrer dans la folie et à mourir, sa vie avait perdu tout son sens. Que pouvait-il encore espérer dans ce monde et dans les autres qui suivraient ?

« Hum, c’est un vieil ouvrage. »

Elle sourit et le rejoignit.

« Oui, il date un peu. Il appartenait à mon père qui le tenait de son grand-père, journaliste dans les années 40. On m’a raconté qu’il l’aurait trouvé dans un vide grenier new-yorkais. Mais je pense que c’est faux. Sans doute un cadeau de son père.
- Votre arrière-grand-père si je vous suis bien.
- Exact. Mais j’y pense, vous souhaiteriez sans doute des affaires propres. »

Sans raison, Adrian se mit soudain à pleurer. Il s’écroula par terre et sanglota pendant de longues minutes. Paniquée, Marcia tenta de le calmer et s’agenouilla près de lui. Sa souffrance faisait peine à voir. Il avait tout perdu en un mois à peine et avait dû être choqué par la balle qu’il avait reçu, si ce n’est pire.

« Ça va aller. Je vais vous aider, je… »

Mais voyant que ses mots n’avaient aucun effet, elle jugea bon de simplement le prendre dans ses bras. Ce grand garçon de plus d’un mère quatre-vingt ressemblait maintenant à un gamin paumé, orphelin de tout amour. Marcia sentit son coeur se serrer. Comment un homme pouvait-il en arriver jusque là ? Finalement, au bout de dix bonnes minutes, il se reprit et murmura :

« Je n’aurais plus besoin de vêtements maintenant. A quoi cela servira ? »

Puis il braqua son regard empli de larmes sur le visage de la journaliste.

« Je vais mourir. Je suis condamné. La balle que j’ai reçu me tue progressivement. Mais vous l’avez sûrement appris par madame Fergusson et quelque part ailleurs. 
- Je veux vous aider, Adrian.
- Non. Non. Vous voulez que JE vous aide. Pas le contraire.
- Arrêtez de voir le Diable en chacun de nous. »

Il se remit alors à pleurer et elle le serra aussi fort qu’elle le pouvait. Cet homme démuni avait besoin d’aide et elle serait là pour l’aider. Elle le remettrait sur pied et il pourrait alors l’aider. Elle en avait vraiment besoin.
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