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 Episode 3 : Intégration 3/6

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La Rédac'
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MessageSujet: Episode 3 : Intégration 3/6   Lun 8 Juin - 16:00

Il monta les marches du perron quatre à quatre. La voisine l’attendait déjà, menue et ratatinée, devant la porte. Soixante ans, facile. Les lampadaires diffusaient sur son visage une lueur morbide. On aurait dit la mort sonnant à la porte de son prochain voyageur, direction là-bas où tout le monde finira par aller. Un bonnet de nuit couvrait ses cheveux blancs qui sortaient par filets à ses tempes et sur sa nuque. Sa robe de chambre bleue, héritée de sa mère (il n’y avait que cette raison pour expliquer l’état lamentable de l’étoffe), était bien trop large pour ses maigres hanches et il constata fugitivement que la ceinture de tissu faisait deux tours de sa taille avant de se nouer sur le bas de son ventre, sans doute envahi de varices.

« Dieu merci ! s’écria-t-elle. Ca fait un quart d’heure que j’entends plus rien !
– Du calme, Mrs Merck.
– Me calmer ! Vous en avez de bonnes, vous ! »

Mrs Merck serait inapaisable, il le sentait. Mais il s’en foutait. Il n’était pas payé pour la rassurer.
Il s’approcha de la porte et jeta un coup d’œil à l’intérieur. Le verre opaque l’empêcha de distinguer quelque chose très clairement, mais il était sûr qu’il avait de la lumière à l’étage, en haut de l’escalier. La petite fenêtre illuminée au second qu’il avait vu en arrivant le confirma dans sa théorie.

« Entrez ! s’exclama la vielle en le poussant – comme s’il pouvait entrer en traversant la porte.
– ‘Ttendez ! Je peux pas entrer comme ça…
– Pourquoi ?
– Ce serait de la violation de domicile, réfléchissez !
– C’est pas grave. Vous êtes détective, non ? C’est votre boulot. »

Il ne releva la remarque, décidé à ne pas entrer dans un débat à la con avec une vieille conne. De détective, il n’avait que le titre, pas forcement flatteur. Il se serait plutôt appelé “homme de main public pouvant chercher là où les flics osent pas”.
Il frappa du poing contre la porte. Mrs Merck remarqua avec un dégoût qu’elle tenta de dissimuler qu’il n’avait que quatre doigts.

« MRS CALLING ! MRS CALLING, RÉPONDEZ !
– CA FAIT UNE HEURE QUE JE GUEULE ET ELLE RÉPOND PAS ! lui répondit Mrs Merck juste à sa gauche, ce qui lui fit vriller les tympans.
– OK, OK ! On n’a qu’à dire que je l’aurais prévenue. »

Il vérifia que la porte était bien fermée à clef et demanda à Mrs Merck de s’éloigner de quelques pas – ce qu’elle fit en tremblant comme une feuille.
Il ramena la manche de son pardessus autour de son poing. L’épais tissu brun entoura sa chair et il frappa violemment l’un des carreaux de la porte. Celui-ci résista au premier coup, déclenchant une sourde douleur dans son poing, mais céda au second. Le verre alla percuter le sol de l’entrée. Il engouffra sa main à l’intérieur, en prenant garde aux derniers bouts de verre dressés comme des canines et retira le verrou. La porte s’ouvrit alors.

« ANGELA !
– Fermez-la, Merck !
– Quoi ?! s’indigna la vieille.
– On ne sait pas encore qui se trouve à l’intérieur ! Maintenant, vous allez me faire le plaisir de rentrer chez vous et d’appeler une foutue ambulance !
– Oh mon Dieu, oh mon Dieu, vous pensez qu’elle est…
– On ne sait jamais. Maintenant allez-y. »

Elle s’éloigna en poussant des “Oh mon Dieu, oh mon Dieu” qui continuèrent jusqu’à ce qu’elle ferme la porte de sa maison, celle juste à droite.
Il ne l’avait pas dit, mais il pensait bien que oui, elle était…
Sans doute son corps était-il déjà en train d’accueillir de nouveaux locataires – blancs et ne nourrissant principalement de chair humaine froide.

« MRS CALLING ! JE SUIS RAFAËL ! JE NE VOUS VEUX PAS DE MAL ! »

Il avait l’impression de causer aux murs.

« JE MONTE VOIR CE QUI SE PASSE ! NE SOYEZ PAS EFFRAYÉE PAR MA… PAR MON APPARENCE ! »


Les Bons Comptes…



Il manquerait plus que le vieux débris lui plante le cœur en croyant être cambriolée.
Rafaël entra et se sentit soudainement désarmé – ce qui était la vérité, la police n’apprécierait pas qu’il se balade avec un Beretta.
Mais l’hypothèse d’un cambrioleur – d’un vrai – se précisa dans son esprit. Elle ouvre à un inconnu et tout le reste concorderait – pas de trace d’effraction, les bruits suspects de lutte qu’avait entendu Merck et le fait que tout le quartier (Rafaël comprit) savait qu’elle avait pas mal de thune. Seulement le voleur n’aurait pas pensé que la vielle devait ce soir-là regarder American Idol avec sa voisine.
Il y aurait donc un autre homme dans la maison et sans doute armé.

Rafaël monta les marches de l’escalier. Il se répéta ce qu’il s’était dit tout le long du trajet pour se rendre de chez lui à cette vielle bicoque : sortie de salle de bains, mal essuyé les pieds, zwip, plaf, gouglou tout rouge, couic. Il avait été alors sûr que c’était ça, mais son instinct lui indiqua qu’il en était tout autrement.
La dernière marche grinça plus fort qu’il ne l’aurait voulu. Rafaël entendit très distinctement le bruit d’un déplacement. Des pas lourds. Pas ceux d’une vielle, assurément.

« NOUS AVONS PRÉVENU LA POLICE ! »

Cela lui paru dérisoire mais cela le rassura, un peu.
Il s’avança vers la chambre. Le bruit était venu de là.
La police ne viendrait bien sûr pas, sauf en cas de meurtre avéré.

Cependant la police était déjà là. Et braquait son flingue droit sur Rafaël.

« Salut, toi. »

Rafaël s’immobilisa soudain, mains en l’air. La soirée était finalement moins monotone qu’il l’avait cru en venant ici.
Son regard se déplaça dans la pièce. L’agresseur qui, il s’en doutait, n’allait pas le tuer avant quelques secondes. La victime, Mrs Angela Calling, étendue sur le sol, sans trace de sang visible – “tu l’as fait mourir de peur avec ta sale gueule ?“ aurait-il aimé dire –, des meubles à la mode dans les années cinquante. Son regard revint vers le cambrioleur.

« Salut, lieutenant Blurry », dit Rafaël.

Irvin Blurry. S’il s’était attendu à le revoir ici.

« Mauvais endroit, mauvais moment, dit Blurry avec un sourire faussement compatissant. Tu es un témoin gênant. Salut, et ce sera le dernier. » Il sera la prise sur son arme.
« Si vous me butez, il y aura enquête.
– Je ne crois pas, dit catégoriquement Blurry, mais Rafaël venait d’obtenir ce qu’il désirait : le forcer à causer et à écouter.
– Les associations de défense des mutants vont faire pression pour lancer une enquête poussée, continua Rafaël. Il vont trouver des preuves et voudront faire un exemple. Le grand public s’en foutra sur le coup mais les associations sauront les faire réagir. L’enquête sera inévitable.
– Dis, tu fais le malin qui cogite maintenant ? Depuis quand ? »

Rafaël ne répondit pas. Il n’avait pas du tout cogité. On (quelqu’un qui, lui, cogitait) lui avait juste clairement expliqué que si on le tuait, le coupable serait presque forcement retrouvé. Ce qui ne le mettait malheureusement pas à l’abri d’être menacé par une arme de service.
Rafaël ne cogitait pas des masses. C’était les muscles et les couilles qui faisaient le boulot chez lui, et c’était très bien comme ça, merci.
Il savait cependant que même si l’enquête disait clairement (en gras avec lettres qui clignotent) que Blurry était le coupable, il n’irait jamais en taule très longtemps. Et vu qu’il était flic, il finirait dans une de ces prisons de luxe, auxquelles on décernerait des prix d’hôtellerie si c’était pas écrit “prison” sur l’entrée.

« C’est pas une bonne idée, c’est tout, conclu Rafaël.
– Et je fais quoi ? Je te laisse tout déballer ? »

Rafaël avait souvent rencontré Blurry. Jusqu’à ce jour, il lui avait semblait être le parfait flic : chiant, propret, méprisant envers les minorités, avec suffisamment de vocabulaire pour vous dire de quinze façon différentes “va te faire foutre”. Mais de là à le voir le pied posé sur la tête d’un cadavre, avec l’intention d’ajouter de la tortue au tableau de chasse…
Il savait que Blurry le tuerait sans hésitation – s’il n’avait pas été une tortue. Mais la donne était différente. Il pourrait l’en dissuader.

« Je ne dirais rien, tenta Rafaël. C’est pas dans mon intérêt. Je vais me mettre les flics à dos. Et vous trouverez sans doute un moyen pour me faire buter, même derrière les barreaux (ce n’était une flatterie, mais bien la pure vérité).
– Alors, qu’est-ce qu’on va faire, hein ? Je te laisse partir ? Et la vioque de voisine, tu lui diras quoi ?
– Dans les grandes lignes, que j’ai trouvé cette femme étendue, que le meurtrier s’est tiré par la cuisine et qu’il doit être déjà dans une bagnole pour quitter l’Etat. »

Blurry ne dit rien, et Rafaël comprit que l’histoire lui plaisait bien. La suite, tonton Raf, la suite !

« Et après ? Les collègues ?
– Une femme de cet âge, ils s’en foutront qu’elle soit tuée. Je pense que vous avez dû laisser vos empreintes et vos cheveux un peu partout. Ils sauront qu’il y avait quelqu’un ce soir, et je ne serais pas soupçonné. Et même s’ils font le rapprochement avec vous, ils n’iront pas plus loin. Vous êtes flic, dit-il comme l’évidence d’une immunité policière.
– Et toi tu fermeras ta gueule ?
– C’est mieux pour moi, de toute manière. »

Et ça lui trouait le cul sévère.
Le plus gros risque de Rafaël serait que la police en vienne à le soupçonner – il entre, il sort, on retrouve un macchabée, et tout ce qu’il trouve à dire, c’est que le meurtrier a quitté l’Etat. Pas l’idéal– et que ce soit lui qui finisse en taule (avec, en gros titres dans le Bugle : “L’homme tortue tue”).
Mais Blurry avait (étonnement) oublié toutes les règles modernes pour un meurtre : pas de gants, pas de charlotte dans les cheveux et sans doute aucun alibi.
De plus il avait été prêt à utiliser une arme de service – connue des forces de police – pour faire des trous dans une autre personne.
Rafaël s’attendait donc que la police en vienne à soupçonner n’importe qui, sauf lui. Il n’avait même pas de cheveux.

« OK, dit Blurry après un temps de réflexion en baissant le canon de son arme. Ce sera notre secret.
– L’AMBULANCE ARRIIIVE MONSIEUR RAFAËL ! s’égosilla dehors Mrs Merck.
– Partez tout de suite, lui conseilla Rafaël avec un regard mauvais.
– Ouais. N’oublie pas ce que t’as dit. Et je te dois rien, compris ?
– Compris. »

Rafaël recula dans le couloir pour le laisser passer. Blurry se retourna vers le cadavre et lui asséna un dernier coup de pied dans l’estomac – le corps remua faiblement avant de reprendre sa position et Rafaël aurait voulu briser le cou de Blurry. Le policier murmura quelque chose que Rafaël n’entendit pas.
Et s’il avait entendu, il ne l’aurait jamais laissé partir.

« Salut, M’man. Je te revois à la morgue, salope. »

Blurry sortit de la chambre et ne rangea son arme dans son étui que lorsqu’il fut dans le jardin. Il escalada la barrière et disparu.
Rafaël descendit l’escalier. Les marches grincèrent à nouveau, mais maintenant il s’en foutait.
Il venait d’être témoin d’un meurtre. Puis complice pour ne pas l’avoir dénoncé.
Un tout autre taré et il aurait été félicité par les forces de police. Il avait fallu qu’il tombe sur un flic.
La porte était grande ouverte et Merck s’agitait comme une pucelle à un concert de Timberlake. Elle fit un pas pour entrer, mais Rafaël l’en empêcha, sans même se rendre compte de la brutalité de ses mots.

« Non. Vous allez laisser vos empreintes et cela gênera le boulot des légistes.
– Des… légistes ? Vous voulez dire…? Oh mon Dieu !
– Au revoir, Mrs Merck. »

Elle entra quand même. Les ambulanciers arriveraient dans un quart d’heure –au mieux. Puis les flics dans une heure.
Il devrait sans doute passer la nuit debout pour laisser une déposition, expliquer qu’il n’avait pas tué Mrs Calling, que le meurtrier s’était tiré avant qu’il aie pu faire quelque chose et faites analyser la pièce si vous ne me croyez pas.
Mrs Merck pleura encore un peu. Le lendemain, elle pleurerait peut-être aussi, se dit-il en entendant le cri d’horreur qu’elle poussa en découvrant le cadavre. Puis elle en parlerait autour d’elle, bien sûr.
Rafaël n’eut pas le courage de lui demander les cents dollars pour déplacement en urgence de nuit.
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