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 Episode 4 : Intégration 4/6

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La Rédac'
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MessageSujet: Episode 4 : Intégration 4/6   Dim 2 Aoû - 23:41

« Levez-vous. »

Les tissus frottèrent et glissèrent alors que les trois personnes présentes se redressaient pour accueillir le juge. Les cravates furent réajustées, les plis aplatis. Le verdict du juge pourrait changer suivant de moindres détails ; comme la tenue par exemple.
Un homme noir habillé de noir, solennel, entra dans le silence lourd du tribunal. La quarantaine venait sans doute de frapper à sa porte. Sa robe noire glissait contre sa peau, mélangeant les teintes sombres. Le juge Carter monta jusqu’à son office, placé ridiculement haut. Il toisa un instant l’assistance – composée de trois personnes plus le greffier et le procureur- puis souffla : « Asseyez-vous. »

Le procureur fit un pas en avant, déguisé d’une robe rougeoyante. Les autres se rassirent et rajustèrent des papiers. L’un des avocats murmura à son client ses dernières consignes avant le premier round.

« Notre affaire, s’exclama le procureur avec entrain, concerne une demande de dommages et intérêts pour licenciement abusif. Sont présents Maître Adler, pour la partie défenderesse, représentant la société MacDonald S.A. et Maître Bell et son client monsieur Leonard Spl…
– Do. Leonardo, corrigea celui-ci.
– … Leonardo Splinter pour la partie demandeuse. »


La Loi du Plus Fort


Leonardo pardonna l’erreur du Procureur. A vrai dire, il se foutait qu’on écorche son prénom. Il était bien trop préoccupé par son affaire.

« Le 19 mai 2008, dit le juge en saisissant le résumé du dossier, monsieur Leonardo Splinter a été embauché par la société MacDonald’s, dans l’établissement du Madison Square Garden, en tant que… préparateur ?
– Il était chargé de préparer les menus, monsieur le Juge, expliqua le Procureur avec son sourire le plus fayot.
– Ah ! D’accord. Très bien. Donc, vous avez été embauché sur la base du revenu minimum, pour une période d’un an. Est-ce bien cela ?
– Oui, monsieur, répondit Leonardo avec le plus de respect possible – les bonnes manières jouaient tout autant que la tenue vestimentaire, lui avait dit son avocat.
– Après une semaine, vous avec été licencié pour faute grave.
– Il avait laissé tomber un hamburger votre Honneur ! intervint l’avocat de la défense, Adler, sans même remuer sur sa chaise, fixant les draperies dans le dos du Juge Carter.
– Objection ! » s’exclama aussitôt Bell en se levant, lui. Mais il n’ajouta rien de plus car il ne voyait pas quoi objecter. A coupé la parole au juge ?
« Maître, veuillez vous rasseoir, demanda le juge Carter. On n’en est pas encore là.
– Qu’est-ce que vous faites ? murmura Leonardo à l’oreille de son avocat. Un peu de sérieux, enfin ! »

Bell se garda bien de répondre quelque chose du genre : “Au prix où tu me paies, je peux danser à poil sous le nez du juge que t’aurais rien à me dire”. Son client, ce Leonardo – franchement, quel nom – était nerveux, cela se sentait.

« Donc, reprit Carter, en effet, les faits reprochés étaient un manque d’hygiène dans la préparation des repas. Vous avez contesté ce motif et demandé des indemnités, refusées par la direction. Ce qui vous a ensuite amené ici. Est-ce bien cela ?
– Oui monsieur le Juge, répondit aussitôt Adler.
– C’est bien cela, dit Bell, et Leonardo se demanda s’ils n’essayaient pas de jouer au plus lèche-cul.
– Bon, qu’avez vous à dire, Maître Bell ? »

Bell se leva et Leonardo remarqua soudainement que ce petit asiatique, tout juste sortit de l’école de droit, n’avait rien d’impressionnant et de charismatique. Il paraissait même courbé. Comment comptait-il le défendre ainsi ?

« Mesdames Messieurs… »

“Oh non !” pensa intérieurement Leonardo, en plongeant son visage dans ses mains.
Son estime pour l’avocat, pourtant toujours très bien habillé et toujours poli, dégringola à toute vitesse. Il comprit alors que le verdict dépendait de la tenue, du respect, mais aussi et essentiellement d’une plaidoirie réussie. Ce qui commençait mal.

« … notre affaire concerne ni plus ni moins un licenciement, non pas pour faute d’hygiène – que, soit dit en passant, monsieur Splinter a toujours respectée à la lettre – mais bien pour discrimination !
– Objection ! Maître Bell tire des conclusions hâtives !
– Objection refusée. Maître Bell m’informe de ses conclusions concernant le licenciement de monsieur Splinter. Continuez Maître, vous parliez de discrimination. »

Leonardo en eu le cœur bordé de joie. Il comprenait que le juge, noir et ayant sans doute dû se battre pour accéder à un poste de Magistrat, était sensible aux questions de discrimination au travail.

« Merci Monsieur le Juge. Oui, monsieur Splinter a été licencié pour avoir simplement été… Hésitation… différent. Son statut de… »

“Cherche pas tes mots, putain, pas ça ! Débite ton foutu texte !”

« … d’être humanoïde apparenté à la tortue (Leonardo se retint de lever les yeux au ciel) a fait que la direction de McDonald a décidé d’écourter son contrat de travail.
– Objection, pourquoi l’aurions-nous embauché, dans ce cas ?
– Ca c’est à vous de me le dire, Maître ! »

En entendant Bell dire ça, Leonardo aurait voulu crier – tribunal ou pas – “normalement c’est toi qui dois lui dire pourquoi ! Tu dois dire qu’ils ont fait ça pour bénéficier des pots-de-vin de la Mairie qui sucre les boîtes qui embauchent les tortues et autres mutants ! Mais non, tu lui dis pas, alors que tu le sais !”

« Vous dire quoi ? reprit Alder. On l’a embauché pour lui donner une chance de s’intégrer. MacDonald est une entreprise internationale, qui emploie des milliers d’étrangers. Nous l’avons embauché parce qu’il nous affirmait sa motivation pour cet emploi – j’ai ici une copie de sa lettre de motivation, d’ailleurs – et il a commis une faute grave…
– Maître Alder, coupa le Juge Carter, je crois que vous empiétez sur le temps de parole de Maître Bell. Vous pourrez plaider la cause de votre client plus tard. Maître Bell, poursuivez.
– Merci, Votre Honneur. La société McDonald’s a fait preuve de démagogie et de discrimination, disais-je… »


La séance était levée. Leonardo devrait retourner au tribunal dans deux semaines – avec des preuves et des témoignages, avait insisté le Juge.
Son avocat lui faisait un débriefing enthousiaste. La défense n’avait pu soumettre aucune preuve elle aussi. Le juge était, de toute évidence, favorable à leur cause. Tout cela se présentait très bien !

« Arrêtez de me chanter vos contes. On était boiteux, depuis l’instant où j’ai lancé cette procédure. Vous nous avez achevé avec votre plaidoirie de merde. C’est fini avant même d’avoir commencé. »

Leonardo évita de croiser le regard de son avocat. Il n’aimait pas être dur avec les gens, mais là sa colère brisait ses entraves morales. Ce con avait foutu en l’air toute chance d’être crédible, n’avait pas avancé les bons arguments, s’était montré hésitant… bref, il avait foiré, et sur toute la ligne.
Bell se sentit blessé dans sa fierté de jeune avocat. Il reconnaissait en son for intérieur que le bilan n’était pas aussi positif qu’il le disait (il en était même très loin) mais il refusait de se laisser abattre.
Il posa une main minuscule sur l’épaule du jeune homme. Il effleura avec un frisson sa carapace.
Comment c’était monté, une tortue ?

« Du calme, Leonardo. Nous allons trouver une solution. L’avenir est peut-être sombre, mais la justice trouve toujours un moyen de s’accomplir.
– Vous êtes un peu trop idéaliste. C’est mon quatrième procès. Aucune victoire. C’est la loi des séries.
– Vous aviez travaillé où avant ?
– Des grosses boîtes, le plus souvent. Multinationales. J’ai travaillé dans une demi-douzaine d’entreprises.
– Vous avez porté plainte à chaque fois ?
– Pas systématiquement. Quand les motifs étaient trop mensongers. Vous pensez qu’on a une chance contre eux ?
– Honnêtement ? Il y en a une, mais elle est faible. Il faudrait un témoignage en béton. Ou, mieux encore, une note interne signée et certifiée. Sans ça… »

Leonardo comprit alors qu’il ne gagnerait jamais son procès. Personne n’accepterait de témoigner contre une entreprise comme McDonald’s ; Ronald avait un grand sourire qui cachait en fait des crocs. L’entreprise était suffisamment influente pour priver quelqu’un de soins, pour le dénoncer aux impôts, pour lui faire payer un scandale.

La vieille Adler sortit de la pièce. Elle avait dû s’entretenir avec le Juge. Etait-ce légal ?
Un vice de procédure serait le bienvenu pour McDo.
Leonardo remarqua alors quelque chose. Il avait été étonné qu’elle regarde dans le vide, qu’elle se serve des objets présents sur sa table pour trouver des documents.
Ses yeux blancs d’aveugle fixaient un horizon inexistant. Sa canne de la même couleur courait sur le parquet. Elle repartit d’une démarche automatique, sa main droite tenant le bâton, la gauche courant contre le mur.

« Monsieur Splinter ? » demanda-t-elle au vide.

Leonardo tourna son regard vers son avocat. Il hocha de la tête, lui signifiait qu’il pouvait aller lui parler.
Il s’approcha d’elle, ses chaussures de ville grand modèle émettant un claquement violent contre le sol à chaque pas. Les murs résonnèrent à son approche. Elle tendit la main dans sa direction, fixant un point dix centimètres au dessus de sa tête. Il ne la prit pas. Il n’était pas là pour assister une infirme – surtout pas une infirme qui serait l’avocat de son ennemi actuel.

« Que voulez-vous ?
– Vous signifier ma compassion, Monsieur Splinter. Je suis avocate, je n’ai pas de sentiments, me diriez-vous. Néanmoins, sachez que j’aurais préféré être dans l’autre camp.
– Que des conneries. Ronald a les poches bien plus remplies que moi.
– Mais Ronald n’est pas comme nous.
– Que voulez-vous dire ?
– J’ai le regret de vous annoncer que vous allez perdre votre procès. Ou du moins il y aura un non-lieu, par manque de preuves. Néanmoins, la défaite vous attend. Je vous conseille de vous retirer et de vous inquiéter de votre famille.
– Qu’est-ce que vous voulez dire ? C’est des menaces ?
– Du tout, Monsieur Splinter, croyez-moi. Je ne peux vous en dire plus pour le moment. Vous n’êtes pas encore prêt. Pas assez.
–Vous parlez comme une diseuse de bonne aventure en manque d’inspiration, vous savez ? »

Leonardo eut un sursaut lorsqu’elle éclata de rire. Elle riait franchement, et c’était étrange de la part d’une avocate. Bell s’approcha d’eux, apparemment inquiet.

« Je… Je ne pensais pas que ce serait aussi drôle à entendre… fit-elle en essayant de retrouver son impassibilité. Bonne journée, Monsieur Splinter. Je vous reverrais dans trois mois.
– Pourquoi ? »

Elle ne lui répondit pas et continua son chemin vers la sortie.
Leonardo éprouva alors une aversion sans limite pour cette femme, qui représentait pour lui toute l’entreprise McDonald’s, tous ces chefs d’équipe prétentieux qui l’avaient publiquement humilié, tous les clients qui avaient refusé un repas en apprenant qu’il l’avait préparé et aussi tous les employeurs précédents.
Il la détestait, et les détestait tous.
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