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 Episode 18 : La fin d'un monde 16

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La Rédac'
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MessageSujet: Episode 18 : La fin d'un monde 16   Mar 11 Aoû - 18:02

Génocide.

On les appelle amérindiens. Premiers peuples. Natifs américains. On les sépare de la population « américaine » pour les parquer dans des réserves. On les a tués, exilés, baptisés de force. On leur a pris leurs terres et leur civilisation pour la remplacer par la nôtre. Parce que c’était notre « droit », parce que c’était ce que nous devions faire…pour la gloire de dieu.
On les appelle amérindiens, alors qu’ils n’ont aucun lien avec l’Inde. On se dit américains alors qu’eux seuls méritent ce nom.

On les a exterminés parce qu’on avait peur d’eux, et on ne s’en est rendu compte que quand on avait bien « sécurisé » ce que l’on nomme « notre » pays. On est des monstres ; tout le monde le sait mais personne ne le dit. On est venus sur de grands bateaux, chassés du vieux continent duquel on se moque désormais mais qui nous faisait si peur, jadis. On est venus pour vivre une nouvelle existence, essayer de se libérer des carcans moralisateurs et violents d’une Europe qui ne nous comprenait plus. On est venus pour être libres, et on a asservi ceux qui étaient là avant nous.
On a fait ce qu’on nous a fait ; on a fait encore pire, car on n’a laissé aucune échappatoire à ceux et celles qui n’osaient se défendre face à nous. On a écrit l’Histoire alors on s’est donnés un beau rôle dans la conclusion, mais ça ne change rien.

On a détruit une civilisation, et on asservit ses descendants. On se comporte en monstres et c’est ce que nous sommes. C’est ce qu’on a toujours fait, ce que l’Homme a toujours fait. Ce qu’il va faire face à une autre civilisation qui est en train de naître, et qui lui fait peur. Les « surhumains ».

Les « indiens » faisaient peur car ils ne vivaient pas comme l’Homme Blanc : privilégiant les liens avec la Nature, voulant vivre avant tout en paix et ne cherchant pas forcément la conquête et le pouvoir, cette population ne pouvait être comprise par l’européen, qui ne vivait qu’à travers la guerre, la faim et l’envie de dépasser sa condition. La rencontre de deux visions de l’existence, de deux modes de vie ne pouvait se passer pacifiquement, et le sang a rapidement remplacé les paroles dans la communication. Et évidemment, la « technologie » européenne, forgée depuis des siècles pour faire la guerre, ne pouvait qu’être supérieure à « l’indienne », bien loin de tout ça.
Le choc se fit, et les « natifs » perdirent. Parce que l’Homme Blanc avait eu peur d’êtres qui n’étaient pas comme lui, qui n’avaient pas la même religion et qu’il ne voulait comprendre. Le monde n’était alors qu’en noir et blanc pour lui : soit on était comme lui, soit on était contre lui. Il oubliait seulement qu’il n’était sur cette terre que parce que lui-même avait été différent.

Et aujourd’hui, alors que ce peuple qui s’est battu, qui a accepté les défaites et humiliations dans l’espoir d’une paix qui ne semblait plus vouloir lui revenir, ne vit que dans des réserves et représente moins d’un pourcent de la population « américaine », le phénomène reprend.
A nouveau, l’Homme Blanc est face à une population qu’il ne comprend pas…et il a peur. A nouveau, il observe un mode de vie qui lui semble incompréhensible et donc terrifiant. Nourrit par le capitalisme, dévoré par la faim inculquée dès le plus jeune âge d’être le plus fort, l’Homme Blanc se veut le protecteur du monde mais est prêt à détruire des êtres qui pourraient lui apporter quelque chose.

L’Homme Blanc a peur que les « surhumains » changent son existence et sa façon de la mener. Il ne comprend pas que des gens soient prêts à risquer leurs vies pour que d’autres puissent mener les leurs sans avoir quelque chose en retour. Il se méfie de gens aussi bons simplement parce qu’il n’est pas comme ça. Bien sûr, beaucoup vient de son éducation mais seul le résultat compte : l’Homme Blanc veut se protéger des « surhumains » et va les détruire.

Il a déjà commencé.

Norman Osborn avait été engagé pour « calmer » ceux qui s’en prenaient trop aux intérêts des Architectes, groupe secret d’anciens agents paragouvernementaux ayant choisis de contrôler le monde qu’ils espionnaient auparavant. Prendre le contrôle du système dans lequel ils étaient noyés avait été leur crédo, et ils avaient été derrière beaucoup de drames avant que les « surhumains » ne viennent troubler leur petit business. Avant de les arrêter définitivement.
Osborn, qui a réussi à s’échapper de prison, a tué beaucoup d’hommes et de femmes bons qui ne méritaient pas un tel sort. Il est parvenu à stopper une partie de ceux qui voulaient changer le monde, le rendre meilleur. Une partie seulement.

Son coup n’a fait que révéler aux autres leur destin, que les forcer à faire ce qui était à faire. Les « surhumains » sont des gens normaux, comme tout le monde qui ont un jour décidé de mettre leurs capacités au profit du plus grand nombre, sans rien demander en retour. Comme des pompiers, des policiers mais sans le salaire et la gloire. Des êtres qui ont juste eu parfois un coup de pouce de la nature, que ça soit en termes de « pouvoirs » ou de courage, pour faire ce qui doit être fait.

Tous, nous pouvons faire de même. Tous, nous avons peur. Eux parviennent à dépasser cela et à accepter une fin prématurée si elle permet à d’autres de survivre.
Ce sont des héros. Ceux qui veulent les détruire sont des monstres. Nous sommes des monstres.

Reste à savoir maintenant si nous le resterons ou si nous ferons ce qui est juste. On dit souvent que la deuxième guerre mondiale fut la dernière guerre « juste » ; mais aucune guerre ne l’est jamais, aucun bain de sang ne peut être considéré comme juste. Seulement, aujourd’hui, nous sommes à la veille de la troisième guerre mondiale, celle qui mêlera conflits ethniques, économiques, spirituels…et générationnels. Le monde est à un tournant : l’Homme Blanc croit pouvoir encore gérer les choses avec ses habitudes, mais il se trompe. S’il fait comme avant, la Terre ne survivra.
Le destin du monde, de deux civilisations est entre nos mains. On a tous peur, mais on a tous en nous une part d’héroïsme, un « pouvoir ». En sommes-nous tous dignes ? Sommes-nous tous, au fond, des « surhumains » ?

Telle est la question. Telle est votre Question.



« Voilà ce que chaque adresse Internet vient de recevoir. Ca ne vous rappelle rien ?
- Je croyais que la Question avait été enlevé à Chicago.
- Ce n’était qu’un remplaçant, le véritable a été tué peu après l’attaque d’Osborn. Il montait une résistance. Le nouveau a été enlevé avant que j’aie pu le sortir de l’hôpital.
- Je vois que les rumeurs sur vos capacités déductives sont vraies…Batman. Apparemment, vous vous y connaissez en remplaçants et originaux. »

Nick Fury reçut un regard noir de la part d’un de ses interlocuteurs en réponse. Il cacha sans grande difficulté un sourire.

« En tout cas, vous avez raison : la première Question est bien mort et un autre, Daniel ShanLi, a été arrêté à Chicago. Or, cet e-mail a été envoyé il y a quelques heures, manuellement.
- Donc un troisième a repris le flambeau.
- Ou bien le premier n’est pas aussi mort qu’on le croit. »

Barry Allen s’assit sur une chaise de bureau et soupira ; tout ça le dépassait un peu. Apparemment, ce Fury semblait se mouvoir parfaitement dans ces histoires de faux-semblant, mais lui était totalement perdu. Ils étaient là, dans ce camion peint à l’extérieur aux couleurs de la compagnie du câble et qui contenait en fait un équipement high-tech, dont plusieurs ordinateurs liés à Internet et quelques télévisions. Lui et le Batman avaient accompagnés cet homme qu’ils ne connaissaient pas parce qu’il leur avait sauvé la peau, mais finalement aucun ne savait s’il devait vraiment lui faire confiance. Apparemment, ils en étaient arrivés à un point où toute planche de salut était bonne à prendre ; ce n’était pas rassurant.

« Mais il est mort, non ? Vous venez de le dire.
- Oui. On a retrouvé son corps, enterré par Sara Pezzini. C’est elle qui m’a dit où le déterrer pour lui donner une dernière demeure dans la ville de son cœur, New York.
- Donc il est bien mort. Vous l’avez identifié.
- Oui. Et non. »

Le Batman ne disait rien. Depuis le début de leur entretien, il s’était mis en retrait, ne parlant que par à coups et analysant plus que participant ; il était semblable à Wayne pour cela, mais manquait du leadership quasi naturel qu’avait le médecin. Barry aurait eu des tas de questions à lui poser, mais il s’empêchait pour le moment d’harceler son « collègue ». Ce dernier était dans les mêmes ennuis que lui et il ne savait pas s’ils pouvaient vraiment faire confiance à ce Fury ; autant ne pas tout révéler des vrais changements d’identité sous les masques avant d’en savoir plus.

« Le corps retrouvé était bien celui d’un homme avec un masque, mais il était écrasé par le poids d’un mur qui lui était tombé dessus suite à une explosion. Il était donc impossible de le reconnaître de face, mais des analyses dentaires ont permis d’ôter tout doute. A l’époque.
- Ca a changé ?
- Oui.
- Pourquoi ?
- A cause de ça. »

Fury appuya sur une télévision et des images stoppées par le lecteur DVD posé sur le téléviseur apparurent. Elles montraient un homme roux, calme, habillé d’un costume cravate et tenant un micro. L’afro-américain alluma deux autres écrans où le même homme, vêtu légèrement différemment et sur d’autres lieux, était encore présent.

« Il s’agit d’images de ces derniers jours, d’un journaliste nommé Victor Sage. Or, Victor Sage est mort lors de la chute de la forteresse de votre ami Hal Jordan, il y a plus d’une semaine. Or, il était encore en direct quand vous avez affronté Rainbow et Grimm, et est apparemment encore mort. Or, Victor Sage était l’homme sous le masque de la Question. Je ne sais pas ce que Sage prépare, mais je n’aime pas ça. »



Du sang coulait sur sa joue. Il sentait l’épais liquide rouge tracer sa route sur sa peau, sans savoir sa provenance. Il forçait bien son œil droit pour entrapercevoir quelque chose mais il savait très bien que c’était peine perdue ; depuis que Sinestro lui avait transpercé sa paupière gauche avec une de ses propres flèches, il avait perdu son autre œil. Plus jamais il ne verrait de ce côté. Plus jamais il ne serait aussi bon à l’arc.

Ses larmes avaient heureusement cessées de couler et il pouvait enfin se tenir dignement. Il avait détesté ces longs instants où la peur et la douleur avaient pris le dessus sur lui et l’avaient fait réagir comme un petit enfant ; Sinestro et les siens s’étaient moqués de lui, et ils avaient eu raison. Il s’était comporté lâchement et futilement : il s’était fait emporter par la souffrance. Il n’était pas un professionnel, pas digne d’appartenir à la Ligue.
Tout ce qu’il espérait maintenant, c’était mourir. Que ses blessures s’infectent et aient raison de lui. Il voulait disparaître, que toute cette vie, que tout ce chemin de croix s’achève. Il avait merdé à chaque fois, et avait fait du mal autour de lui.

Il n’était pas digne de se battre pour autrui. Il n’était pas digne d’être là.

D’autres avaient disparu alors qu’ils étaient meilleurs que lui, et il ne faisait rien pour leur rendre honneur. Il avait décidé de devenir l’Ombre pour se racheter, pour retrouver la lumière après avoir épousé son contraire ; il avait voulu faire amende honorable et se « retrouver » tout en faisant le « Bien ». Il avait échoué. Il n’avait jamais su être à la hauteur de sa tâche, et n’avait même pas pu aider suffisamment Donna. Celle-ci devait être retournée dans sa déprime et sa blessure, après une nouvelle déception. Encore une fois, il avait fait plus mal que bien en lui faisant miroiter un retour heureux…et en foirant tout lui-même.

Vaincu, torturé, mutilé, Connor n’était plus qu’un fantôme…une ombre qui n’avait plus de but. Il avait voulu être meilleur et était désormais dans les mains de l’ennemi, incapable de s’en sortir ou de même faire quelque chose pour ses alliés. D’ailleurs, quels alliés ? Jones était quelque part, perdu et subissant les mêmes horreurs que lui…s’il n’était pas déjà mort. Steelman, Flash et Hunter devaient essayer de se battre de leurs côtés, mais il était sûr qu’ils ne réussiraient pas à changer la donne. Aucun n’était un leader ; aucun n’était celui qui pouvait mener la Ligue.
La Ligue n’avait d’ailleurs jamais eu ce « leader » charismatique, cet être incapable d’incarner le courage nécessaire à leurs missions. Jones les avait boostés, le Batman les avait effrayés et Jordan les avait charmés, mais personne n’avait jamais pris ses responsabilités. Il avait rejoint un groupe qui ne pouvait que mourir de lui-même, et il n’avait pas eu les épaules assez larges pour les éclairer.

La Ligue ne pouvait rien car elle n’était plus rien. Jones avait été son ciment vicieux car usant de ses pouvoirs, mais depuis qu’il avait disparu tout avait éclaté en morceaux. Leurs adversaires avaient gagnés avant même d’enclencher leurs premiers coups ; plus personne ne pouvait s’opposer à eux.
Ils avaient gagnés. Même si c’était dur à accepter, il le fallait ; le monde était aux mains de monstres encore pires que les précédents, et ceux censés empêcher ça avaient failli.

« Tu es pathétique. »

Lentement, Connor releva son unique œil et soupira ; encore une fois, il allait être frappé.

« Tu penses vraiment que tu aurais pu mener la Ligue ? Toi ? Tu n’as même pas de pouvoir. »

Amahl Farouk était là. Sa seule présence dans la pièce irradiait de puissance, provenant aussi bien du corps qu’il occupait que de l’anneau à sa main. La pensée qu’un tel être puisse user de tels pouvoirs était terrifiante, mais encore une fois…il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. Ils avaient foiré, Farouk et les siens avaient vaincu ; à eux de l’assumer maintenant.

« Même Wayne n’aurait pas pu nous stopper, si tant est qu’il était bien le Batman. Jones pourrit dans sa prison, Jordan est sûrement mort, Allen est handicapé, Hunter n’a plus de pouvoir…la Ligue est morte, et tu n’es en rien responsable de sa disparition. Tout simplement parce que ta présence n’a rien changé, et qu’un autre comportement n’aurait pas pu la sauver. »

Le visage autrefois timide mais paradoxalement impressionnant de Clark Kent était désormais habité par le vice et le Mal. Connor ne croyait pas avant dans les notions de « Bien » et de « Mal », mais quand il avait rencontré Amahl Farouk, ce dont il était capable et ce qu’il avait fait…il avait changé d’avis. Le Mal existait ; il était devant lui.

« Ca n’aurait jamais pu marcher, de toute façon. Une assemblée de « héros » censés protéger le monde, sans arrière pensée ? Sincèrement, quelqu’un y a cru ? Dès le début, ça m’a semblé hors de propos et peu crédible. D’ailleurs, l’un des premiers membres a rapidement disparu : l’homme-poisson ne donne plus de nouvelles, non ? Finalement, on vous rend service en vous mettant officiellement hors-jeu. Vous ne serviez de toute façon pas à grand-chose…surtout si on se rappelle la Louisiane… »

Farouk avait raison : la Ligue avait toujours été vaincue. Malgré une première « victoire » contre les troupes de Luthor et d’Osborn, ils n’avaient jamais su prendre les bonnes décisions et assurer. Même à Manhattan, quand il n’en faisait pas encore partie, le groupe n’avait su empêcher la destruction d’immeubles et la mise en danger de milliers de personnes.
La Ligue n’avait jamais été une bonne idée. Ils s’étaient tous fourvoyés.


Dernière édition par La Rédac' le Mar 11 Aoû - 18:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Episode 18 : La fin d'un monde 16   Mar 11 Aoû - 18:02

« Le monde sera plus en sécurité sous notre contrôle, Connor, sois en assuré. Même s’il est normal d’avoir peur en nous voyant user de telles méthodes pour arriver à nos fins, il faut nous faire confiance. Evidemment, tu es enclin à ne pas faire cela, mais…tu verras que nous avons de très bonnes idées et que nous saurons les mettre en œuvre. Grâce à nous, et sous peu, le cancer ne sera plus qu’un mauvais souvenir, le SIDA sera guéri, et Doom et Luthor ont des plans pour la faim dans le monde et les soucis de chômage. Nous sommes la réponse ; il faut juste passer par des moments difficiles avant d’arriver à la lumière. »

Comment le croire ? Mais comment ne pas le croire, surtout ?
Connor était perdu. Il avait compris que la voie qu’il avait empruntée, d’abord par rapport aux Titans puis après vis-à-vis de la Ligue, n’était pas la bonne ; elle ne menait qu’à la douleur, la souffrance, l’humiliation…et la mort. Le groupe n’était pas à la hauteur, il n’avait jamais su apporter ce dont le monde avait vraiment besoin.
Donc, si leur tentative n’était pas ce qu’il fallait…peut-être que ce que proposaient ceux qui étaient leurs contraires pouvait fonctionner. Même s’ils étaient des criminels, ils pouvaient peut-être réussir ; après tout, des « héros » n’y étaient pas arrivés, il fallait peut-être des méthodes plus fortes et une motivation accrue pour sauver le monde, ou au moins le rendre meilleur. Il fallait peut-être le courage de faire ce qui devait l’être pour y parvenir, ce que la Ligue n’aurait jamais osé.

Ça se tenait. C’était horrible, mais ça se tenait.

« Nous pouvons faire ce que vous n’avez pas fait, Connor. Nous pouvons y arriver. Mais nous avons besoin de toi : nous avons besoin que tu nous aides. Que tu sois un héros. Celui que tu veux êtres…celui que tu peux toujours être. »

Un héros. Il n’avait pas toujours rêvé d’en être un, et il savait bien qu’il n’en était pas digne. Il ne serait jamais un héros, non. Mais peut-être…peut-être qu’il pourrait être malgré tout utile. Qu’il pourrait aider les gens, assainir un peu son bilan. Sauver, aider : c’était tout ce qui lui importait, maintenant. Les méthodes, les alliés…si le but était sain et qu’on pouvait l’atteindre, peut-être ne fallait-il pas se poser d’autres questions. Peut-être n’était-ce pas si important.

« Tu peux le faire, Connor. Et tu le feras. Je reviendrais te voir sous peu, et nous reparlerons de tout ça. Je vais déjà te débarrasser de tout ça. »

Sans bouger, Farouk fit tomber les chaînes d’émeraude qui entravaient Connor. Celui-ci se retrouva alors libéré de leur poids et de la souffrance qu’elles lui infligeaient. Il sentit alors une sorte d’étreinte l’emmener vers la porte d’où était entré Amahl, et il entendit à nouveau sa voix…étonnamment réconfortante.

« Nous allons nous occuper de toi, Connor. Nous allons sauver le monde. Ensemble. »



« Toi et toi, occupez-vous des deux rues parallèles et demandez aux autres de se réunir ici.
- Pourquoi, Osborn ? Le plan se déroule bien, nos frères parviennent à terroriser la population et à atteindre le nombre de victimes prévues.
- Le plan a changé. Nous allons montrer aux Etats-Unis qu’il est temps qu’ils fassent le ménage chez eux. »

Norman n’était pas à l’aise, et ça se sentait. Vêtu d’une combinaison en kevlar, rasé de près sur le crâne et le visage, armé de deux Desert Eagle et recouvert d’une capuche censée protéger son identité et lui permettre de communiquer avec ses « hommes » mais l’étouffant plus qu’autre chose, il avait envie d’en finir au plus vite. Plusieurs innocents étaient déjà morts par sa faute, mais il n’y pensait même pas. La mission devait être un succès pour qu’il puisse s’approcher de Luthor et lui planter dans le dos le même couteau que Lex avait utilisé contre lui. Il fallait que son « ami » paye pour ses trahisons, mais avant il devait regagner sa confiance.
Et pour ça, quoi de mieux que d’énerver encore plus les américains en touchant à un de leurs plus grands symboles ? L’Independence Hall lui faisait face, et dans ses doigts se trouvaient des grenades. Un sourire se dessina sur son visage.

Autour de lui, les prêtres de Sinestro se rassemblaient, alors que les ruines fumantes de Philadelphie étaient encore jeunes. L’attaque n’avait commencé que depuis une demi-heure, mais déjà les victimes se comptaient par centaines et les dégâts en millions de dollars. Norman savait très bien qu’à Salt Lake City, qu’à Austin et qu’à Los Angeles, d’autres troupes faisaient la même chose que lui : semer la terreur. Menées par Sue Tempest, Hyperion et Zoom, ces missions ne pouvaient qu’être un franc-succès, et pour cause : ils n’avaient plus aucun ennemi. Depuis la défaite de la Ligue à Washington, plus personne n’osait se lever contre eux. Il y avait bien eu l’échauffourée à Chicago, mais Rainbow et Grimm étaient de tels incapables qu’ils pouvaient très bien s’être vaincus eux-mêmes.

De toute façon, ce n’était pas son problème. Lui était là pour tuer, détruire et s’approcher de Luthor. Et tuer à nouveau.

« Que veux-tu faire ? »

Osborn ravala sa colère face à son « second », le prêtre de Sinestro qui devait l’assister – mais le surveillait surtout. Il était clair que personne, dans le groupe de Lex, ne lui faisait confiance : même s’il avait fait plus de mal à un « justicier » que n’importe lequel d’entre eux, ils considéraient qu’il n’était qu’un raté de s’être fait arrêté. Il avait dû se faire aider pour sortir de prison, et donc il n’était plus à la hauteur ; Norman les haïssait, et haïssait encore plus Luthor de lui imposer ça.
Pour le moment, il se contenait et acceptait ce genre de questionnement provenant d’une sorte de zombie qui aurait dû mourir depuis bien longtemps. Alors que les sirènes de la police provenaient à leurs oreilles avant d’être tues par l’énergie jaunâtre d’un des prêtres de Sinestro, Osborn expliqua à son « adjoint » l’intérêt de détruire le vieux bâtiment devant eux.

« Il s’agit de l’Independence Hall, le lieu où fut signée la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique. Le lieu quasiment sacré de la révolte américaine et donc de la « libération » du pays. Si nous le détruisons ou au moins l’abîmons, les américains auront un choc certain. Ils seront touchés dans leur passé, leur histoire, leur chair. Un de leurs fondements aura été détruit, et cela impliquera que les « surhumains » n’ont de respect pour rien. Cela tétanisera tout le monde.
- Je vois. C’est parfait. »

Le prêtre leva alors son bras décharné et une énergie d’or en jaillit, perçant la porte de l’Independence Hall avant que la bâtisse n’explose véritablement. Un dôme de protection fut construit autour d’eux pour les protéger des gravats s’écrasant partout sur la pelouse et dans les rues adjacentes, et le « second » de Norman s’éleva dans les airs dès que tout fut réglé ; Osborn, lui, bouillonnait.
En un instant, l’Independence Hall avait été réduit en cendres par cette puissance apparemment sans limite, et lui n’avait rien fait. C’était son idée, son stratagème et il n’avait même pas pu le mener à bien ! Il avait porté ses grenades dans la main, il aurait eu ce qu’il fallait pour parvenir au même résultat, mais non ! Encore une fois, on lui avait pris ce qui lui revenait et on le laissait en plan !

Lex, déjà, faisait cela en le mettant sur une mission aussi facile alors qu’il avait été avant son égal – et l’était toujours. Il était humilié et maltraité par absolument tout le monde, et personne ne tenait vraiment compte. Il en avait assez. Rechargeant ses Desert Eagle, se préparant à se calmer les nerfs sur n’importe qui croisant sa route, il recommença à songer à son plan pour se venger et faire tomber les « Maîtres du Mal » de Lex Luthor ; ce crétin voulait vaincre les surhumains en en menant d’autres, mais il allait très vite se rendre compte que ça se retournerait contre lui.
Et à ce moment-là, quand il serait vulnérable, Norman aurait un chargeur à vider. Lentement.



« Allo ?
- Nora ?
- Qui…qui est à l’appareil ?
- C’est moi.
- Qui…non…qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?
- C’est moi, Nora. Je suis vivant.
- Non. Arrêtez. Vous n’avez pas le droit ! Arrêtez de prendre la voix de mon mari !
- Je suis vivant. Je n’ai fait que disparaître, et tu le sais très bien. Mais je suis de retour.
- Arrêtez avec ça ! Il est mort ! Vous n’avez pas le droit ! C’est immonde !
- Ton mari est vivant, Nora. Il n’est jamais mort et tu le savais.
- C’est…c’est trop cruel ! Laissez-moi tranquilles ! Arrêtez cette mauvaise blague !
- Arrête de pleurer. Il est temps que nous parlions face à face, et tu sais pourquoi. Je ne suis pas content.
- Pitié…arrêtez…c’est…c’est trop cruel…mon mari est…mon mari est mort…
- Tu as mal traité notre fils, Nora. Tu lui as préféré un étranger alors qu’il avait besoin d’aide. Je suis très déçu.
- Pitié…arrêtez…c’est…c’est une torture…
- Barry ne méritait pas ça, c’est un bon garçon. Je dois et je vais le rendre meilleur, comme je le suis devenu moi-même. Il sera celui que nous attendions, celui dont nous rêvions. Tu te souviens de nos rêves, Nora ? De nos envies d’aventure, de gloire, d’héroïsme ? Je les ai presque atteins, tu sais. Presque. Mais Barry, lui…Barry y arrivera, j’en suis sûr. Je dois juste encore l’aider un peu. Je dois juste le faire grandir un peu plus.
- Henry… ?
- Oui.
- C’est…c’est toi ?
- Arrête de pleurer, Nora. Et oui, c’est bien moi.
- Tu…tu es vivant ?
- Tu le sais très bien. Tu me lasses, Nora.
- Mon dieu, Henry…c’est…c’est merveilleux…je…je ne…
- Tu sais déjà tout ce que tu vas me demander, et tu sais comment je suis revenu. Ça n’est pas important. Barry est notre priorité, mais tu l’as oublié. Tu n’as pas été à la hauteur pour lui.
- C’est…c’est faux ! Tu ne peux pas dire ça ! Tu ne peux pas me dire ça alors que tu n’étais pas là pour lui ! Moi j’étais là ! Moi j’ai dû m’occuper de lui ! J’ai dû l’élever seule !
- Oui. Et tu lui as préféré ce Zolomon, ce chien perfide qui a trahi notre fils. Lui aussi sera puni, ne t’en fais pas, et cela profitera à Barry. Il sera celui dont nous rêvions, Nora. Il sera notre Zoom.
- Je…Zoom ? Henry, arrête ! Je ne veux pas de ça ! Je ne veux pas qu’il arrive quelque chose à Barry ! Je…je veux qu’il soit heureux et loin de tout ça !
- Tu cries comme une mère qui est prête à tout pour son enfant, mais pourtant tu l’as chassé. Il a mal, Nora : sa jambe craque à chacun de ses pas et il endure plus que tu ne pourrais en supporter. Je suis fier de lui, je sens qu’il peut être notre Zoom. Mais il doit encore passer des étapes avant d’y parvenir : il a le potentiel, mais il doit passer à la pratique.
- Que…arrête, Henry, arrête ! Je…je t’empêcherais de lui faire du mal ! Je t’en empêcherais !
- Je suis désolé, Nora.
- Arrête, Henry ! Arrête !
- Je suis vraiment désolé que ça se passe ainsi. Malgré les années perdues, je t’ai toujours aimé. Je suis triste que ça se finisse ainsi entre nous.
- Que…quoi ? Qu’est-ce que tu veux dire ?
- Barry doit grandir, mûrir pour devenir Zoom. Nous le rêvions, il le sera. Mais comme on apprend que de ses erreurs et de ses douleurs, il doit souffrir, encore plus. Il doit perdre. Encore plus.
- Je…perdre ? Je…Henry ? Qu’est-ce…qu’est-ce que tu as en tête ? Qu’est-ce que tu es en train de faire ?!
- Je ne fais plus rien, tout est prêt. Adieu, Nora. Je ne voulais pas en arriver là, mais au moins sois sûre que ça permettra à Barry de devenir ce que nous voulions. Il te pardonnera tes écarts après ça, j’en suis certain.
- Henry ?! Henry, dis-moi ce qu’il y a ! Dis-moi ce que tu veux dire par tout ça !
- Le Zodiaque a piégé la maison cette nuit, Nora. Il m’obéit toujours, même si j’ai dû faire le ménage dernièrement : certains ont voulu prendre des initiatives, ils ont même failli tuer Barry. Mais tout est rentré dans l’ordre, je le contrôle à nouveau. Comme au bon vieux temps, hein ? Le temps de nos rêves…
- Henry, arrête ! Henry, je vais sortir et on va se voir et on va se parler et…
- Je t’aime, Nora. Adieu. »

Et la maison des Allen explosa.



Alaska. Au pied des Montagnes Kenai, chaîne montagneuse importante et moyennement peuplée. A vingt-deux heures douze, heure locale, une énorme gerbe d’émeraude fit son apparition et demeura pendant plus d’une minute au sommet du plus haut pic. Un son tétanisant se fit entendre quelques secondes plus tard, perçant les tympans de tous ceux présents dans un rayon de cinquante kilomètres. Les bébés dans cette zone moururent sur le champ, de même que les personnes âgées et les personnes faibles ; tous ceux se trouvant à moins de vingt kilomètres n’eurent aucune chance, quelque soit leur état physique. Rares furent les survivants. Rares furent les personnes encore saines d’esprit après ce massacre.
A vingt-deux heures quatorze, la gerbe et le son disparurent totalement. A vingt-deux heures quinze, les Montagnes Kenai avaient entièrement disparu. Le premier génocide surhumain, comme les médias l’appelleraient, venait de se produire. Et les nouvelles concernant Monet Ste-Croix n’étaient toujours pas rassurantes.
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