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 Episode 21 : La fin d'un monde 21

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La Rédac'
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MessageSujet: Episode 21 : La fin d'un monde 21   Lun 28 Sep - 16:12

Le baroud d'honneur.

« Ack…ack… »

Ben a mal.
Son bras droit frotte contre son dos, des bouts de pierre craquant sous la pression infligée par les lourdes mains sombres qui l’enserrent. Il est prisonnier, vaincu…torturé. Il sent l’énorme puissance du monstre qui le tient à sa merci, et il a peur. Il sait qu’il ne peut rien contre lui.

Comme chaque jour, chaque soir, il est frappé et personne n’y fait attention. Ni Sue, ni Johnny et ni même Victor ne s’intéressent à ce qu’il se passe aux sous-sols…là où Joe domine. Il fait ce qu’il veut de lui, et dès que Ben essaye d’en parler à quelqu’un, on arrête de l’écouter. Tout le monde sait ce que Fixit lui fait, comment il le tabasse et lui fait mal, mais ça n’intéresse personne.
Comme avec son père, il est face à quelqu’un de trop fort et dont les actes n’inquiètent personne. A nouveau, il se sent inutile – faible.

« T’as mal, gamin ? Avoue que t’as mal. »

Ben sent les larmes couler le long des petits cratères qui écument son visage. Oui, il a mal mais il n’ose même plus ouvrir la bouche. Il peut détruire un immeuble en quelques coups, mais Fixit est trop fort pour lui. Sa force est trop supérieure à la sienne, son sadisme bien trop prononcé pour qu’il puisse faire quelque chose ; il est vaincu parce qu’il n’a jamais su être fort, et faire ce qui devait être fait.
Il est un raté, son père avait raison de le tabasser pour le lui faire comprendre. Même pas capable de se défendre contre un agresseur, il ne mérite pas de vivre. Il ne mérite même pas d’avoir tant vécu jusque-là…il aurait dû mourir sous les coups de son père, jadis. De poings ou autres.

Et toute la soirée, ça va continuer ainsi : Ben frappé, humilié, torturé et Joe qui en jouira. Il aime ça, Grimm le sent mais ne peut rien faire contre. Un seul mot d’un allié pourrait le faire exploser, un seul geste lui donnerait confiance en lui, mais rien ne viendra ; il n’intéresse personne quand il souffre, il n’est là que pour être l’appui « muscle » de quelques missions où Fixit serait trop instable.

Ben Grimm n’a pas d’ami, il n’en a jamais eu. Il fonde encore beaucoup d’espoirs en Reed Richards, qui l’a aidé, qui a pris soin de lui et a essayé de le mettre plus à l’aise, mais…il se trompe. Reed n’est pas différent : il n’a fait qu’user de lui quand il en avait besoin, utilisant quelques vieilles techniques pour se le mettre dans la poche.
Non, Reed Richards n’est pas son ami ; un ami ne le laisserait pas là, seul et battu, alors qu’il pourrait l’aider. Un ami ne jetterait pas sur lui un regard empli de suffisance et de déception avant de tourner les talons et de sortir de l’immeuble. Un ami ne le laisserait pas replonger dans l’enfer qu’il connaît déjà trop, fait de coups et de viols trop subis.

Un ami ne le laisserait pas tomber. Et la porte de sortie qui claque prouve que Reed n’en est définitivement pas un.



« Norman ?
- Ouais ?
- Qu’est-ce qu’on fait ?
- Je dois vous expliquer comment vaincre des surhumains et profiter de leur défaite pour glorifier les LexCops.
- Je sais comment vaincre un surhumain, Norman.
- Si c’était vrai, tu serais pas ici, vieux. Et Hyperion serait pas devenu une sale blague de loser. »

Les LexCops présents ricanèrent devant la réflexion de leur chef, alors qu’Hyperion arborait une mine sombre. Il passa une main énervée sur son crâne rasé, avant de réajuster sa combinaison verte intégrale ; il haïssait Osborn, mais il devait supporter pour le moment ses réflexions de vieux beauf’ frustré. Tout le monde savait que Norman était jaloux du succès de Luthor et qu’il voulait se venger d’avoir été envoyé en prison et d’avoir tout perdu. Il était désormais obligé de faire « cours » aux LexCops et à leurs leaders sur le terrain, quelques surhumains que Lex avait recruté dans les prisons « secrètes » du Gouvernement, ce que tout le monde voyait logiquement comme une chute humiliante ; Hyperion adorait le lui rappeler.

« Ouais, ouais…n’empêche que j’pars en mission, moi. Et qu’on m’écoute quand j’ordonne. »

Norman lança un regard noir à son « élève » du moment. Tous deux savaient qu’il parlait de la dernière opération menée par Osborn, où les sorciers de Sinestro avaient fait ce qu’ils voulaient et délibérément bravés l’autorité de leur leader. Ce dernier s’en était plaint auprès de Lex et de leur Maître, mais aucun n’avait paru vraiment intéressé par ce qu’il disait.
Ça avait été un signe clair : il n’était même pas reconnu comme chef sur le terrain. Il n’était là que pour servir de vague professeur, position qu’il occupait uniquement pour qu’il sente qu’il n’était pas grand-chose dans l’organisation.

Lui, l’ancien maître de la Société du Scorpion, l’assassin de Spider-Man, n’était plus rien. Lex voulait qu’il le ressente jusqu’au fond de ses os, et tout le monde y mettait du sien pour le faire tomber. Et il était clair que Norman ne résisterait plus longtemps avant de craquer, de faire une erreur et de se faire tuer pour avoir foiré. C’était ce que tous attendaient, et il le savait.

« Steelman t’a toujours vaincu, crétin. C’est pour éviter ce genre de choses que t’es là. Je dois encore une fois rappeler ce qui est arrivé à Spider-Man ? »

Hyperion ne dit alors rien, et les ricanements se turent. Même si Osborn n’était plus qu’un sujet de plaisanterie, son grand fait d’armes restait impressionnant ; il le ressassait encore et encore, mais il était évident que personne n’osait le braver quand il en parlait. Il était un des rares à avoir vaincu un « justicier », et surtout le seul à être parvenu à le détruire à ce point.
Norman avait usé de tous ses talents et d’un génie certain pour réduire à néant un être, et y était parvenu. Il n’avait jamais dit qu’Eddie Brock l’avait vaincu lui, et ça lui permettait donc d’être considéré comme une « légende » par les autres ; malheureusement, même ce « mythe » ne parvenait pas à faire oublier son passage en prison et sa déchéance. Il était un « héros » sur le retour, condamné à essayer de rattraper quelques miettes de ce qu’il avait été.

Pourtant, même s’il aurait été facile de le lui dire à nouveau, Hyperion resta muet. Il savait qu’il était encore loin d’avoir réussi quelque chose de similaire, et un peu de respect demeurait en lui pour un être qui était arrivé là où nul autre encore n’avait posé le pied…même s’il avait depuis régressé bien plus que n’importe qui.

« Bien. Vous êtes là aujourd’hui pour connaître les points faibles de vos adversaires, mais le problème c’est qu’ils sont chacun différents. Il faudrait une analyse profonde de chaque « justicier » pour trouver comment le vaincre, mais nous n’en avons ni le temps, ni les moyens. Il va donc falloir user de « faiblesses classiques », qu’on peut retrouver souvent chez eux pour voir si ça fonctionne. Je ne vous cacherai pas que c’est très dur, et surtout qu’il faut être très rapide : il faut parler, parler et parler encore pour essayer de le toucher, et user d’une légère hésitation pour l’achever.
Je ne parle pas ici d’une bataille classique, d’un combat habituel : ça n’est pas comme ça que ça se passe avec eux. C’est une guerre, plus psychologique que physique. Vous devez être plus forts qu’eux car vous n’avez pas la faiblesse de défendre une « grande cause » : vous ne défendez que votre intérêt, votre individualisme. N’hésitez jamais à mettre en danger des innocents, à tirer sur la foule : ça peut toujours vous donner un angle plus facile pour un tir dans le dos. Et oui…pour nous, il n’y a aucune honte à la jouer vicieux et sans honneur, tout simplement parce que le but n’est pas d’être honorable, mais de rester en vie pour prendre le fric. »

Les LexCops acquiescèrent en silence, coincés dans cet entrepôt entièrement dévoué à leur entraînement, avec une salle de musculation, un coin tir et d’autres choses très réjouissantes. Tous vêtus de la combinaison intégrale dessinée par Luthor lui-même, armés de leurs matraques et autres armes de poing et de loin, ils étaient debout, en rond autour d’Osborn. Ils étaient une petite vingtaine, mobilisés grâce aux réseaux de Luthor et tous unis par une même pensée, une même psychologie.
Certains n’enlevaient jamais leurs casques, et les autres ne comprenaient pas pourquoi ; ils n’étaient qu’une petite poignée à avoir la tête nue, provenant tous de prisons oubliées d’où Luthor les avait sortis pour un deal impossible : ils l’aidaient et passaient cinq ans à lui obéir au doigt et à l’œil, et ils étaient libres avec une pension mensuelle de dix mille dollars. Mais pour ça, et pour un casier vierge, il fallait survivre à des affrontements avec des surhumains et supporter des types comme Osborn et Hyperion ; même si la récompense était grande, beaucoup commençaient à douter d’avoir fait le bon choix.

Surtout que leurs camarades étaient très étranges : jamais ils ne parlaient, jamais ils ne liaient connaissance. Apparemment dévoués entièrement à la « cause », ils ne se détendaient que très peu et refusaient toujours d’inclure les « autres » dans leurs moments intimes. Ils semblaient se connaître d’avant, mais ne voulaient pas en dire plus. Personne n’était à l’aise face à ça, mais encore une fois personne ne bronchait ; tout le monde avait trop peur de retourner là où on l’avait trouvé.

« Un type qui se déguise pour stopper le crime a un problème : syndrome du super-héros, manque de confiance en lui qui l’oblige à mettre un masque, envie de changer les choses alors qu’il a un morne quotidien…tout ça nécessite un environnement psychologique qui touche très souvent à l’enfance et l’adolescence. Ce sont ceux qui ont vécu des choses injustes qui n’ont pu être réparées et qui ont grandi un peu à part des autres qui veulent sauver le monde, tout simplement parce qu’ils n’y sont pas intégrés. Attention, ils ne sont que rarement des marginaux classiques : on les trouvera dans les élèves doués en cours, peu intéressés par les hobbys classiques des adolescents, plus dans les livres et plus solitaires. Il y a aussi une grande part de leur historique personnel et familial : si un drame est survenu, leur quête de « justice » s’en nourrira et forgera leur identité. Spider-Man, par exemple, avait du sang amérindien et a basé son identité sur une recherche de « justice » pour les plus faibles de notre monde, comme un écho aux souffrances injustes du peuple de ses ancêtres.
Evidemment, il faut aussi se rappeler que très rares sont les « justiciers » qui ne se battent que pour des innocents. Si ça commence toujours ainsi, ces êtres rencontrent des gens comme nous et des duels apparaissent alors, qui usent le maximum de leur temps et du nôtre. Ainsi, il n’est pas rare que des carrières débutées « héroïquement » se terminent sur d’incessants combats personnels entre un « justicier » et ses ennemis, le premier mettant en danger des innocents simplement pour se venger ou stopper un adversaire qui n’aurait jamais été autant dangereux sans lui.
En fait, on peut aussi tenter de troubler un tel adversaire en lui demandant si son action sert vraiment autrui ou s’il n’est pas aussi dangereux que nous. Au fond, qu’a fait de vraiment héroïque un Batman, un Steelman ? S’ils ont plusieurs réussites au conteur, il ne faut pas oublier la guerre des gangs meurtrière de Chicago, ou encore les dérives totalitaires de son « protecteur ». Et n’oublions pas Steelman, dont les combats ont mené à plus de blessures et de destructions que tous les autres « héros » de New York. C’est en usant de tels arguments que le choc est possible, mais il faut bien sûr pour ça connaître le sujet ou avoir en mémoire quelques grosses défaites de nos adversaires. »

Chaque LexCop notait, sur un petit calepin, ce que disait Osborn, et même Hyperion avait décidé au milieu de son discours de garder quelques idées. Même si le chauve avait perdu de sa superbe, il fallait avouer que sa tirade était loin d’être dénuée de sens : la psychologie était bien plus importante que les coups dans cette affaire, et trop souvent les gens comme eux l’oubliaient, préférant les poings aux petites piques, plus efficaces.
Il sentait qu’il pouvait faire mal à Steelman ou à d’autres rien qu’en soulignant leurs propres erreurs et leurs propres paradoxes. Il avait quelques questions à poser à Norman sur la façon de faire, mais l’explosion du toit de l’entrepôt le propulsa sur le sol.

Plusieurs bouts de mur vinrent s’écraser sur quelques LexCops, mais la plupart survécut. La fumée régnait désormais en maître et l’incompréhension apparaissait sur chaque visage, mais Hyperion se releva, prêt au combat. Au-dessus de lui, survolant la scène comme le héros qu’il croyait être, Steelman lui faisait face. Revêtu de son costume rouge et bleu, il serrait les poings et le regardait comme s’il était un monstre qu’il devait détruire dès maintenant.

Autour de lui, plusieurs bruits d’hommes entraînés faisant leur apparition pour les encercler se faisaient entendre. Il craqua sa nuque et cracha par terre, s’en fichant ; il s’éleva lui aussi dans les airs, vers son adversaire, prêt à lui régler son compte dès maintenant.
La partie venait de commencer.



« Allo ?
- Suzanne ?
- Je…oui ?
- Ici Lex Luthor.
- Euh…oui.
- Je voudrais vous parler, Suzanne.
- J’aime pas ce nom. C’est Sue ou rien. Et Victor m’a dit de pas vous parler, que c’est lui qui voit avec vous.
- Je sais, mais Victor est ici. Avec moi.
- Ah ouais ?
- Oui, Sue. C’est moi.
- Victor ? Ça…ça va ?
- Oui. Lex voulait lui-même te demander quelque chose.
- Je…ok. Qu’est-ce que vous voulez ?
- Vous m’avez impressionné lors de l’attaque de Washington, Sue. C’est pour ça que j’ai pensé à vous pour une nouvelle mission.
- Quoi ?
- Dane Whitman. Savez-vous qui c’est ?
- Euh…j’ai entendu, mais je sais plus qui c’est.
- Il s’agit du candidat ayant perdu à l’élection présidentielle. C’est un Démocrate, mais surtout un ancien « justicier ». Il se faisait appeler le Chevalier Noir.
- Ah ouais, je me rappelle.
- Bien. Il est opposé à notre stratégie, et va faire une conférence de presse dans quatre heures pour nous salir publiquement. Je veux que vous y alliez.
- Pour le tuer ?
- Oui. Pas seulement le blesser, comme avec Monet Ste-Croix. Si Whitman meurt, notre équipe de presse utilisera ça pour discréditer notre action et tout ira encore mieux.
- Je…ouais, ok. Mais seulement si Victor est d’accord.
- Je le suis.
- Ah…ok. T’es sûr, chéri ? Tu veux que je fasse ça ?
- Ça me ferait plaisir, bébé. Ça m’aiderait beaucoup.
- Donc…j’te serai utile ?
- Tout à fait.
- Ok, c’est d’accord alors. J’irai seule ?
- Oui. Victor et moi pensons qu’un petit groupe serait de trop : il faut une attaque rapide et efficace. Usez de vos talents pour tirer et partir sans qu’on vous voie.
- Ok, ça ira.
- Un billet vous attend à votre nom à l’aéroport. Où êtes-vous ?
- Là ? Dans la voiture, j’viens de quitter Osborn. Je rentre pas chez nous, Victor ?
- Non, bébé : le mieux est que t’ailles tout de suite à l’aéroport pour un direct Washington-New York, que tu ailles à la conférence de presse et que tu reviennes juste après. Tout est déjà commandé, tu te présenteras aux toilettes de l’aile Ouest où tu trouveras dans la première cabine dans le bac d’eau un sachet plastique avec ton passeport, ta fausse identité, un peu de liquide et quelques vêtements. Tu récupéreras ton billet au guichet central et tout devrait bien se passer.
- Vous…vous avez déjà tout prévu ?
- Exactement, Sue. Victor et moi-même sommes des gens organisés, et nous ne voulons rien laisser au hasard.
- Ok…d’accord. A ce soir alors, chéri ! J’t’aime !
- Bonne chance, bébé. A ce soir. »

Et Victor raccrocha de lui-même. Luthor, assis dans son fauteuil, le fixa pendant quelques secondes, tentant de découvrir quelque chose en lui vis-à-vis de cette femme prête à risquer sa vie pour lui : dégoût, amour, intérêt…mais il ne trouva rien. Ce gamin ne semblait rien ressentir pour cette ancienne prostituée, et il l’impressionnait de maîtriser aussi parfaitement à son âge l’art de la manipulation ; sa rancœur envers lui, mêlée de jalousie et de haine, n’en fut que plus amplifiée.

« Va-t-on vraiment la ramener ?
- Oui. J’ai encore besoin d’elle pour tenir Rainbow et Grimm.
- Et tu veux faire souffrir Richards, encore.
- …oui. »

Lex fit un petit sourire de façade, comme Victor. Chacun savait que l’autre était devenu une menace, et chacun mettait en place ses pions pour le faire tomber. Luthor savait que leur entrevue se terminerait bientôt, et que « Doom » rentrerait pour mettre au point une stratégie avec Fixit pour le vaincre, lui. Mais là où il avait une longueur d’avance, c’était qu’il avait compris que Joe jouait contre lui et voulait prendre sa place ; Victor l’avait manipulé comme les autres pour lui faire croire qu’il aurait aussi sa part du gâteau.
Ils se trompaient, tous les deux. Il serait plus rapide qu’eux. Il avait déjà ordonné de s’occuper de l’Atlante pour faire une preuve de sa réussite, et plusieurs unités de LexCops entreraient en action ce soir, après l’assassinat de Whitman, pour prendre plusieurs villes.

Victor croyait avoir encore quarante-huit heures avant le lancement de l’opération HammerStrike, leur attaque finale.
Le seul problème, c’était qu’il n’avait pas encore compris que c’était Lex Luthor qui tenait le manche, et que c’était lui qui serait brisé.



« Ack ! »
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La Rédac'
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MessageSujet: Re: Episode 21 : La fin d'un monde 21   Lun 28 Sep - 16:13

Steelman se toucha sa lèvre, brisée par le poing d’Hyperion. Ça ne faisait que quelques instants que le combat avait commencé, mais déjà il sentait que quelque chose n’allait pas…que quelque chose n’était pas normal. Jamais son adversaire n’avait été aussi brutal et efficace : chacun de ses coups semblaient le toucher plus durement qu’avant, aucune de ses attaques ne semblait pouvoir être parée. Il l’avait déjà vaincu, souvent, et devrait savoir comment recommencer, mais…quelque chose n’était pas comme d’habitude.

Autour de lui, les LexCops présents tentaient de se remettre de l’attaque surprise et de tirer sur les hommes de Fury, d’anciens policiers récupérés dans plusieurs agences de sécurité. Nick leur avait expliqué qu’il ne les utilisait que comme diversion, laissant à lui et à Tim le soin d’occuper Hyperion et la majorité des LexCops pour qu’il gère lui-même Osborn.
Leur plan était assez simple : venir, faire mal et toucher le « professeur », aussi violemment que possible. L’idée était d’envoyer un signe à leurs maîtres, de leur montrer que rien n’était encore gagné.

Malheureusement, si tout ça avait semblé assez facile en théorie, James se rendait maintenant compte de son erreur.

Les coups pleuvaient sur lui, et il ne parvenait pas à remonter la pente. Il essayait bien de changer de stratégie, d’alterner des phases de fuite et de diversion, mais à chaque fois Hyperion était plus rapide, plus brutal que lui. Il sentait qu’il n’était pas dans son état normal, que toutes ces journées passées à ressasser sa défaite à Washington et l’inutilité de ses actions lui avaient fait bien plus de mal qu’il ne l’avait pensé.

Il croyait qu’il pourrait retrouver sa confiance en lui en mettant une branlée à son adversaire, mais alors qu’il s’effondrait violemment sur le sol, le visage en sang et le masque à moitié déchiré par les coups, il se rendit compte qu’il avait été totalement stupide. Hyperion avait gagné en puissance et en suffisance, et lui-même n’était plus à la hauteur pour vaincre.
Son ennemi le frappa à nouveau, cette fois-ci au torse et à l’épaule droite. Un râle de douleur sortit de ses lèvres ensanglantées, alors qu’il se traînait vers l’extérieur ; il devenu une pathétique chose, blessée et humiliée par un être désormais supérieur. Hyperion ne pouvait s’empêcher de jouir d’un tel spectacle, alors qu’il le suivait tranquillement avec son sourire sadique.

« Déjà, Steelman ? J’suis déçu, mon vieux. Je pensais que tu durerais plus. »

Il écrasa les doigts du « héros » d’un coup de talon brutal, et profita du nouveau cri d’agonie de son adversaire. Dieu que c’était bon.

« T’es pas à la hauteur, Steelman. T’es qu’un gamin qui a voulu sauver le monde parce qu’il était pas bien dans sa peau. Ton papa t’aimait pas, c’est ça ? Ta maman était morte ? Ton frangin ou ta frangine étaient meilleurs que toi ? Et tu veux que tout ça change, qu’on t’admire et qu’on t’aime en faisant régner la justice, tout ça parce que t’as pas eu les couilles d’assumer ce que t’as vécu ? T’es un guignol, Steelman. T’es un ado’ qui a pas commencé sa crise et se cache derrière un masque pour faire croire qu’il est un mec. T’as jamais été à la hauteur et tu le seras jamais, parce que tu fais tout ça pour de mauvaises raisons.
Le Bien ? Le Mal ? Mec, putain, ça change tous les vingt-cinq ans ! Ste-Croix est noire et dans les années 60 elle aurait même pas eu le droit d’aller dans le même bus que toi, et la voilà bientôt Présidente ! T’étais baisé dès le départ parce que t’as voulu te sauver en mettant ce costume, mais t’y croyais pas et t’étais persuadé de bien faire. T’aurais dû assumer ton putain d’égoïsme et rouler pour toi, Steelman. Ça t’aurait évité ça. »

Hyperion donna un monstrueux coup de poing sur le nez de Steelman, le brisant et envoyant le héros dans l’inconscience. Son adversaire ne pouvait rêver mieux : il avait à peine récité le petit discours d’Osborn, il s’était borné à faire comme d’habitude et ça avait fonctionné – et ça avait été jouissif. Il avait vaincu Steelman, autant physiquement que psychologiquement ; il était le meilleur, sur tous les plans.
Qu’est-ce que c’était bon.

S’apprêtant à prendre Steelman par les cheveux pour l’emmener dans une de leurs cellules, Hyperion fut troublé dans son triomphe par une sorte de sable qu’on venait de lui lancer dans les yeux. Il ne comprit pas comment ça avait pu arriver ici, mais il se dépêcha de l’enlever, énervé d’être retardé par quelque chose d’aussi stupide et gamin. Néanmoins, étrangement, plus il frottait, plus les grains semblaient pénétrer entre ses paupières : si ça n’avait été qu’un picotement au début, ça devenait maintenant une douleur de plus en plus intolérable.

« Raaah…putain ! Putain, mais c’est quoi ?! Ça fait mal !
- Poussière d’Ange, connard. »

Aveuglé, Hyperion ne put se protéger d’un violent coup de pied entre ses parties génitales. Il s’écroula, anéantit par une douleur profonde et aigue. Du sang coulait entre ses lèvres, provenant de la coupure qu’il s’était faite sur la langue suite au choc ; sa rage n’en était qu’intensifiée.

« Héritée d’un vieux combat de Stephen, elle fait toujours son effet, hein ? Il va falloir que tes copains t’opèrent pour enlever chaque grain : chacun te force à te frotter les yeux, et ça ne fait qu’accentuer la douleur. T’es baisé, connard. »

Tout ne se passait pas bien. Tim était venu avec Fury à contrecœur, bien conscient de ses limites et de celles des autres. Donna avait refusé de les suivre, et c’était mieux vu comment la situation évoluait. Les hommes de Nick se faisaient descendre par des LexCops beaucoup plus entraînés qu’eux. Si Fury ne se dépêchait de faire ce qu’il avait à faire, tout ça finirait en une humiliante défaite de plus.

« James ? Ça va ? »

De toute évidence, la réponse ne pouvait être que non. Il était clair qu’Hunter ne pouvait le laisser ainsi, brisé et vaincu. Il se mit donc à le traîner, le moins douloureusement possible ; il savait qu’il aurait dû aller donner un coup de main aux anciens flics, mais d’une il n’avait plus ses pouvoirs et ne pouvait compter que sur quelques formules et quelques trucs coincés dans ses poches, et de deux il était hors de question de se sacrifier pour des mecs qui étaient allés trop loin dans la violence et avaient été virés par leurs propres collègues. Ça n’était pas juste, mais ça faisait longtemps que la justice ne régnait plus dans ce monde ; Tim ne voyait pas pourquoi il aurait laissé son ami au profit d’inconnus dans ce cas.

Seulement, alors qu’Hunter essayait de traîner Steelman vers les camions affrétés par Fury pour les faire venir ici, un LexCop tomba à quelques mètres de lui, victime des balles d’un des anciens flics. Mais alors que Tim allait tourner la tête pour se concentrer sur sa tâche, il vit que le casque du LexCop s’était dévissé et roulait sur le sol – et il aperçut le visage du trépassé. Et il le reconnut.

Il ne pouvait pas ne pas le reconnaître, d’ailleurs. Il avait imprimé cette face dans son esprit, fruit de ses cauchemars et du pire moment de sa vie.
Il ne pouvait pas avoir oublié Madrox, le mutant qui pouvait se multiplier et fournir une armée à n’importe qui le payant suffisamment.

Tim sentait la colère monter en lui. Après l’assassinat de Zatanna, Daimon, Wong, Kent, Druid et Esteban, il avait remué tout ce qui pouvait l’être pour savoir qui était l’être responsable du massacre ; il avait rapidement appris que Madrox était l’homme qui avait tué ses amis, mais il avait aussi compris que ce n’était pas lui qui avait pris la décision. Ses camarades avaient disparu parce que des crétins au pouvoir avaient eu peur de perdre leur place, alors qu’ils n’avaient jamais eu l’intention de s’en prendre à eux.
Evidemment, il savait bien que si leur petit groupe avait appris leur existence, ils auraient agi pour les stopper ; mais à cette époque, ils n’en savaient rien et avaient été pris en traître.

Maintenant, il avait le choix : ou il sauvait Steelman, ou il allait s’en prendre à tous les Madrox présents, faisant mal à leur propriétaire comme chaque fois qu’il perdait un des siens. Après la disparition de ses camarades, Tim en avait assassiné des dizaines, et il avait appris que ça rendait fou de douleur l’original ; ce dernier avait d’ailleurs passé des mois en catatonie après le suicide de l’Anarchiste, ayant entraîné des dizaines des siens avec lui.
Et évidemment, ses propres meurtres n’avaient fait que renforcer le coma du Jamie Madrox original. Seulement, il n’était jamais parvenu à le retrouver et à en finir, mano-à-mano. Et maintenant, il pouvait enlever un de ses doubles, le torturer, le forcer à lui avouer où était l’original…il pouvait faire ça, oui.

Mais ça voulait dire laisser James, ici et blessé. Son collègue, son camarade…son ami. Un de ses vrais amis, un des derniers. Même s’ils n’avaient pas grand-chose en commun et qu’ils ne le connaissaient pas tant que ça, c’était un membre de la Ligue. C’était un ami, sur qui on pouvait compter.

Madrox ou Steelman. Sa vengeance ou la survie de son copain.
Le choix était fait avant même de poser la question.

Soupirant, Tim se remit à traîner Baxton.
Même s’il brûlait de trouver enfin le vrai Madrox, il avait partagé beaucoup trop de choses avec Steelman pour le laisser là. Il avait perdu Zatanna, Daimon, Druid, Wong, Esteban et Kent ; il avait aussi perdu Jones, l’Ombre, Hal et Clark. Et Stephen, avant tous les autres.
C’était beaucoup trop. Il était hors de question de laisser à nouveau un copain sur le flanc – il aurait Madrox plus tard.



« Home Sweet Home. »

Barry soupira, las. Il était au bout de la rue…à cinq minutes de la maison de sa mère ; chez lui, jadis. Il avait utilisé les ressources obscures de Fury pour prendre le premier vol et arriver à San Francisco, préférant ménager ses forces et surtout sa blessure. Il avait mal, à chacun de ses gestes, et il était certain que plus jamais il ne pourrait marcher normalement.
Nick lui avait fait passer quelques tests et les résultats n’avaient pas été bons. Il avait préféré garder pour lui ce qu’ils avaient appris avec Hartley, mais il était certain que son existence de vie s’était encore écourtée. Il n’en avait plus pour très longtemps, et il le savait ; s’il était là aujourd’hui, c’était pour avoir enfin des réponses et peut-être enterrer quelque chose.

Longtemps, il avait vu en sa mère le seul point fixe de son existence, son repère. Après la disparition de son père, elle avait été la seule à s’occuper de lui, la seule à être toujours là. Il avait cru que ça durerait éternellement, qu’elle serait encore le roc dont il avait tant besoin ; il s’était trompé. Il ne comprenait pas comment elle avait pu autant changer, et il s’accrochait à l’espoir qu’elle était « contrôlée » par Hunter, ou quelque chose du genre.
Il voulait se persuader que ce n’était pas la vraie Nora Allen qui l’avait chassé, qu’elle serait encore là quand il la libérerait. Mais au fond, Barry se rendait compte qu’elle l’avait sûrement vraiment abandonné et qu’il était maintenant temps de vivre sans elle…de grandir. De devenir adulte.

Il avait beaucoup songé à ça, ces dernières heures ; et il était prêt à passer le cap, à devenir vraiment un « grand » et vivre – et mourir, dans sa situation – uniquement pour lui. Mais pas avant une dernière mise au point, pas avant une vraie explication. Il méritait des réponses.

Lentement, gêné par sa jambe, il se traînait vers la maison, mais…quelque chose n’allait pas. L’après-midi allait vers sa fin, la fatigue était grande pour lui qui n’avait pas vraiment dormi depuis des semaines, mais son instinct lui criait qu’il y avait un souci – un gros souci. Il releva des yeux rougis par le manque de sommeil vers la maison et ne vit…rien.
Il n’y avait plus rien là où devait se trouver la demeure familiale. Même pas de ruines, même pas de gravats : juste une surface vide, propre…solitaire. Terriblement solitaire.

Laissant tomber son sac au sol, il resta stupéfait devant une telle vision, ne comprenant pas ce qu’il s’était passé et comment ça avait pu se produire. Il allait prononcer quelques mots de stupéfaction quand il sentit un énorme coup de vent derrière lui…puis une voix murmurer à son oreille.
Se retournant, encore une fois surpris, lui qui avait pris l’habitude de voir tout venir grâce à ses sens affutés par sa vitesse, il tenta de comprendre ce qu’il se passait et de se préparer à une quelconque attaque quand il vit quelque chose qu’il ne croyait jamais voir.

Deux hommes lui faisaient face, deux hommes vêtus d’un costume similaire au sien…mais jaune. Tous deux portaient le même, et tous deux avaient la cagoule baissée. Chacun bougeait les bras de la même façon que lui, si rapide que l’œil nu avait du mal à voir la forme de leurs membres ; ils étaient aussi rapides que lui.
Mais ce n’était pas ça qui attira son regard…ce n’était pas ça qui lui glaça le sang.

Il connaissait ces deux hommes. Il ne pouvait que les connaître, ils avaient marqués de leur empreinte son existence.
Jamais il ne pourrait oublier Hunter Zolomon, son « meilleur ami » qui avait pris sa place dans le cœur de sa mère, par jalousie envers ses pouvoirs pensait-il.
Et jamais il ne pourrait oublier son père, qu’il croyait mort d’un cancer depuis des années.

Il s’était donc trompé sur les deux. Deux erreurs de trop.



Norman en a assez.
Autour de lui, ses hommes tirent, tombent, meurent : il s’en fiche. Il est pris pour un guignol par Lex et les autres, cantonné à un rôle de « professeur » là où il menait les troupes et les plans avant. Il n’est plus qu’un ombre, méprisé et moqué par tous. Ça suffit.

Il pensait pouvoir s’en prendre à Luthor en dynamitant son organisation, en rentrant dans son jeu pour le faire tomber par la suite ; il se trompait. Tout ce qu’il doit faire, c’est aller le voir, lui parler et le tuer. Finies les stratégies, finis les plans prévus des mois à l’avance. Il a tout perdu à cause de Lex et de cette existence imbécile : son statut, sa fortune, son honneur…son fils. Il n’a plus rien, et on ne lui laisse même rien.
Ça n’a que trop duré.

Il va laisser ces imbéciles se battre et se tuer entre eux : ça n’est plus son combat. Il va aller tuer Luthor car il en est le seul capable : Lex lui fait assez confiance pour le laisser venir à lui, et il le tient en si basse estime qu’il ne croira pas qu’il vient pour le tuer. Tout le monde le prend pour une blague, tout le monde pense qu’il n’est plus ce qu’il était – et ça n’est pas faux. Jadis, il n’aurait jamais laissé quelqu’un le traiter ainsi.

Depuis son emprisonnement, depuis sa chute, il n’est plus le même Norman Osborn. Il a abandonné ses désirs de pouvoir, la puissance dont il rêvait ; par bien des aspects, il a changé et se sent…mieux. Il a longtemps cru que les armes, le fric et les relations faisaient tout, mais c’est faux. Il a laissé sa famille se désunir, il a laissé un mur s’établir entre lui et les siens. Et pourquoi ? Pour rien.
Il n’a plus rien. Il a tout perdu et ne pourra pas s’en remettre, il le sait. Il est grillé dans ce milieu et personne ne reprendra un ancien taulard – surtout pas quelqu’un qui s’est échappé de prison après avoir attaqué Manhattan.

Sa vie est anéantie. Tout ce qui lui reste, c’est la vengeance. C’est pour ça qu’il va tuer Lex Luthor, et qu’il se mettra au service des « justiciers » pour faire tomber son organisation. Il le sait, personne ne l’écoutera, personne ne lui fera confiance, mais il essayera. Il leur montrera qu’il est de bonne foi et qu’il peut les aider ; il stoppera Sinestro, il tuera Amahl Farouk.
Comme un dernier baroud d’honneur, il règlera des comptes. Pas pour se faire pardonner, pas pour avoir un avenir…même pas pour laver sa conscience. Simplement pour se venger et partir dans une bonne vieille explosion. C’est tout ce qui lui reste maintenant, c’est tout ce qu’il peut fai…

BANG.

Derrière lui, Nick Fury baisse lentement son arme encore fumante. Il sourit et nettoie le sang qui tâche son visage et son costume.
Mission accomplie.
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Episode 21 : La fin d'un monde 21
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